Selasa, 29 November 2016

Autriche : échanges tendus entre les candidats à la présidentielle - Le Monde

Le pays votera à nouveau le week-end prochain afin d'élire son président. Le précédent scrutin avait été annulé pour vices de forme.

De vifs échanges ont opposé dimanche 27 novembre le candidat écologiste et son rival d'extrême droite à la présidentielle autrichienne, lors d'un débat télévisé, à une semaine d'un nouveau scrutin qui s'annonce très serré après l'annulation du précédent pour vices de forme.

Les deux candidats sont au coude à coude dans les sondages et Norbert Hofer, qui avait perdu de justesse au second tour en mai avant que ce scrutin ne soit annulé, pourrait devenir[1] le 4 décembre le premier président d'extrême droite de l'Union européenne[2], après q uelque 350 jours de campagne.

Le candidat écologiste Alexander Van der Bellen, 72 ans, a accusé Norbert Hofer, 45 ans, et son parti anti-immigration FPÖ de provoquer[3] l'insécurité en menaçant de faire[4] sortir[5] l'Autriche[6] de l'Union européenne.

Lire aussi :   Après Trump, l'extrême droite autrichienne se rêve en avant-poste européen [7]

Sortie de l'UE ?

M. Hofer a déclaré que s'il était au pouvoir[8] il convoquerait un référendum sur une sortie de l'UE si la Turquie[9] rejoignait l'Union ou si Bruxelles tentait de centraliser[10] davantage le pouvoir. « Le FPÖ joue avec la sortie de l'Autriche depuis vingt ans. De nombreuses personnalités[11] politiques en Europe[12] craignent que cette simple spéculation puisse provoquer (...) une avalanche de populisme d'extrême droite », a affirmé M. Van der Bellen lors du débat retransmis en direct sur la chaîne de télévision privée ATV. « Le plus important, c'est la solidarité entre les Etats membres, autrement nous ne serons pas capables de nous affirmer[13] face à la Russie[14] ou aux Etats-Unis », a-t-il déclaré.

M. Hofer a dénoncé un discours « alarmiste ». « Il n'y aura pas d'Öxit », a-t-il déclaré, en référence au Brexit, le vote par référendum en juin en faveur de la sortie du Royaume-Uni[15] de l'UE, qui a ébranlé l'Union. « J'ai répété à plusieurs reprises que je voulais un développement[16] positi f de l'UE », a-t-il dit.

Lire aussi :   L'Autriche reporte le « troisième tour » de l'élection présidentielle [17]

Le cas Merkel

Toutefois, si M. Van der Bellen a souligné l'importance des relations entre l'Autriche et son principal partenaire économique, l'Allemagne[18], M. Hofer a critiqué la chancelière Angela Merkel et expliqué vouloir[19] tisser des liens plus forts avec les voisins d'Europe central e et orientale, en premier lieu la Russie. Selon lui, Mme Merkel a « porté gravement atteinte à l'Europe » avec sa politique[20] de porte ouverte à l'immigration, qui a permis à des centaines de milliers de migrants « dont des terroristes de passer[21] à tra vers l'Autriche » depuis l'année dernière.

M. Hofer a également attaqué M. Van der Bellen pour avoir[22] critiqué le président américain élu Donald Trump[23]. « Ce n'est pas intelligent de qualifier[24] un président de démagogue », a-t-il déclaré. M. Van der Bellen a rétorqué que nombre de responsables européens étaient « inquiets » de l'arrivée de M. Trump, qui a été accusé de sexisme et de vouloir porter atteinte aux droits des minorités.

Le FPÖ a grimpé dans les sondages en s'attaquant à l'immigration et à une « élite » jugée coupée des réalités. Plusieurs personnalités[25] conservatrices autrichiennes ont appelé dans un « manifeste » publié samedi à barrer[26] la route à M. Hofer à la présidentielle, évoquant notamment le spectre d'un « Öxit ».

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