Manuel Valls : pour gouverner, "il faut de l'expérience" et "refuser les aventures individuelles"
Il faut "une expérience qui a été éprouvée par le temps" pour gouverner et "refuser les aventures individuelles", a déclaré mercredi le premier ministre, peu après l'annonce de candidature de son ancien ministre Emmanuel Macron à la présidentielle, sans toutefois citer expressément ce dernier. Dans un discours à l'université de Cergy-Pontoise en banlieue parisienne, Manuel Valls a plaidé pour une "Nation éducative", plaçant l'éducation au coeur du "projet pour la France" dans un nouveau gage à la gauche après d'autres récentes inflexions de son discours. Il a lancé :
Pour porter cette responsabilité, il faut - j'ose le dire devant vous - une éducation à la conduite du pouvoir, à la responsabilité, un sens de l'Etat. Il faut de l'expérience, une expérience qui a été éprouvée par le temps (...) Il faut de la force et non pas de la légèreté.
Selon le chef du gouvernement, qui n'a pas nommé Emmanuel Macron qui venait d'annoncer sa candidature dans une autre ville de banlieue parisienne, à Bobigny, "l'exercice du pouvoir" implique d'"avoir le sens de l'intérêt général, le sens du collectif", de "refuser les aventures individuelles". Avant son discours, interrogé par des journalistes sur la candidature Macron, il avait seulement lancé : "Rien ne m'affecte".
Nicolas Chapuis : Ce chat se termine, vous avez encore de nombreuses questions sur Emmanuel Macron, mais gageons que ce n'est pas la dernière fois que nous traitons de ce sujet dans ce live. Merci pour votre fidélité tous les jours et à bientôt.
Nicolas Chapuis (chef du service politique du Monde) : Bonjour à tous, ce chat va commencer. Vous pouvez posez vos questions sur la candidature d'Emmanuel Macron et ses conséquences.
Selon notre journaliste sur place, il y avait un opposant à Emmanuel Macron à Bobigny pour sa déclaration de candidature... Il a été sorti de la salle.
Bonjour Bob. Jusqu'à présent, Emmanuel Macron revendiquait le soutien d'une trentaine de parlementaires, mais peu de têtes d'affiche. En officialisant sa candidature à l'élection présidentielle, il espère justement engranger de nouveaux soutiens.
Ses plus fidèles partisans sont Gérard Collomb, sénateur du Rhône et maire (PS) de Lyon, et Richard Ferrand, député (PS) du Finistère, qu'il a nommé secrétaire général de son mouvement, En marche !. Dans le premier cercle, on trouve aussi plusieurs parlementaires socialistes, comme Christophe Castaner, député des Alpes de Hautes-Provence, François Patriat, sénateur de la Côte-d'Or, ou Jean-Jacques Bridey, député du Val-de-Marne. Au centre et à droite, les marques d'intérêt ont été aussi nombreuses, mais peu ont franchi le Rubicon. Renaud Dutreil, qui fut ministre de Jacques Chirac, s'est rallié au panache de M. Macron. Ainsi que le député européen Jean Arthuis, qui avait soutenu François Bayrou à la présidentielle de 2012.
Sur la question de ses soutiens, nous vous invitons à lire cet article :
Benoît Hamon : Macron a "une responsabilité historique"
Emmanuel Macron est-il candidat en dedans ou en dehors de la primaire de la gauche ? Pour Benoît Hamon, qui participera lui-même à ce scrutin en janvier, la question ne se pose pas : l'ancien ministre de l'économie va bien s'affranchir de la consultation. Interrogé sur BFM-TV, M. Hamon a estimé que la candidature de M. Macron allait entraîner l'élimination de la gauche dès le premier tour de la présidentielle :
Il a une responsabilité historique. Sa candidature hors des primaires assure quasi mécaniquement que la gauche ne sera pas au second tour de l'élection présidentielle.
Notre journaliste Cédric Pietralunga vient d'avoir de nouveaux éléments à ce sujet de la part de l'équipe d'Emmanuel Macron, qui affirme avoir multiplié ses adhésions par deux ces derniers jours.
Rappelons toutefois qu'il s'agit des chiffres de l'équipe d'En marche !, lesquels sont difficiles à vérifier, comme l'avait expliqué notre journaliste Mathilde Damgé.
Manuel Valls réagit à cette candidature :
"Est-ce que la candidature Macron vous affecte?", a-t-il été demandé au premier ministre, interrogé mercredi à son arrivée à l'université de Cergy-Pontoise (Val-d'Oise). Ce à quoi il a répondu, lapidaire :
Rien ne m'affecte.
Bonjour,
Pas à notre connaissance. Tout l'enjeu pour lui est surtout de réunir des soutiens pour peser dans le jeu politique, pour aller au bout de l'aventure, ou pour se rendre indispensable à un autre candidat par exemple.
Posez vos questions
A midi, Nicolas Chapuis, chef du service politique du Monde répondra à vos questions sur cette candidature et ses conséquences sur le paysage politique.
Savoir si Macron choisira finalement de passer par la case primaire ou maintiendra une candidature indépendante reste pour l'heure la grande question, à laquelle nous n'avons pas la réponse. Selon nos journalistes, les proches de Hollande devraient en tout cas lui tendre la main et inviter le nouveau candidat à rejoindre la primaire du PS en janvier. M. Macron a, lui, dit que son ambition n'était ni de "rassembler la gauche" ni de "rassembler la droite" mais de "rassembler les Français". Reste à savoir si l'ancien protégé de M. Hollande s'entêtera à partir seul...
Dans ce discours d'une vingtaine de minutes, présenté en interne comme "une adresse aux Français", M. Macron s'en est pris aux "blocages" qui, selon lui, paralysent la France. "Le système a cessé de protéger ceux qu'il devait protéger", a-t-il déclaré, dénonçant une organisation politique "qui vit pour elle-même, plus préoccupée par sa survie que par les intérêts du pays".
Pour justifier sa candidature hors des partis traditionnels, l'ancien ministre de l'économie a également mis en avant "l'espérance" qu'il entend incarner, notamment auprès de la jeunesse. "Mon objectif n'est pas de rassembler la droite ou de rassembler la gauche, mais de rassembler les Français", a-t-il souligné. Une manière de répondre à la fois à ceux qui l'accusent d'être le futur fossoyeur de la gauche et à ceux qui lui reprochent de troubler la primaire de la droite en se lançant quatre jours avant son premier tour.
Retrouvez toute notre analyse :
Voici les points saillants du discours d'annonce de candidature d'Emmanuel Macron :
- Proposer une "révolution démocratique"
- Placer sa priorité sur la relance de l'Europe "notre chance dans la mondialisation"
- Mettre l'accent sur le travail "qui émancipe chacun" et la "protection des plus faibles"
Emmanuel Macron vient de terminer son discours lors duquel il a (enfin) officialisé sa candidature à l'élection présidentielle, après des mois de (faux) suspense.
Emmanuel Macron officialise sa candidature à l'élection présidentielle :
Je suis candidat à la présidence de la République, parce que je crois plus que tout que nous pouvons réussir, que la France peut réussir.
Emmanuel Macron commence son discours :
C'est une étape importante que nous allons franchir et que depuis plusieurs mois nous préparons. Je suis intimement convaincu que c'est en affrontant la réalité du monde que nous pouvons retrouver de l'espérance.
Emmanuel Macron est arrivé au centre d'apprentis de Bobigny et va s'exprimer dans quelques secondes. Notre journaliste est sur place :
Bonjour,
Emmanuel Macron doit prononcer un discours au terme de la visite qu'il effectue en ce moment dans un centre de formation à Bobigny.
Une mise en scène savamment orchestrée...
Après des mois de faux suspense savamment orchestré et entretenu, Emmanuel Macron n'a pas choisi sa date de candidature par hasard. Son calendrier est très calculé : en se déclarant juste avant le premier tour de la primaire de la droite, dimanche, il peut espérer peser sur le scrutin. De même, le fait de griller la politesse à François Hollande, qui refuse d'avancer la date de sa candidature, fixée à début décembre, accentuerait la pression sur le chef de l'Etat, qui a déjà du mal à repousser Manuel Valls.
Pourquoi Emmanuel Macron se déclare-t-il aujourd'hui ?
L'ancien ministre de l'économie espère notamment que l'officialisation de sa candidature lui permettra d'attirer les têtes d'affiche qui lui font encore défaut explique notre journaliste Cédric Piétralunga.
Les réactions à la candidature de Macron
Pour le PS, il est un obstacle au "rassemblement" tandis que la droite dénonce son bilan de ministre de l'économie.
En plus des menaces sur les investitures évoquées ci-dessous, Jean-Christophe Cambadélis a été clair au mois de septembre : les membres du PS qui soutiendraient un autre candidat que celui qui sera désigné par la primaire seront menacés d'exclusion du parti.
Face à la candidature d'Emmanuel Macron, le Parti socialiste a réitéré sa menace sur les investitures pour les élections législatives :
Bonjour Nicolas. C'est justement l'un des points faibles de Macron : son électorat est marqué à droite, en tout cas pour le moment. Selon une étude du Cevipof publiée en avril, les soutiens de l'ex-banquier se recrutent surtout "chez les personnes âgées, les retraités, les professions indépendantes, les ménages aux revenus élevés", autant d'électeurs qui risquent de ne pas le suivre une fois le candidat de droite identifié. Or, comme le note un membre du gouvernement, "on ne rallie pas 50 % des Français avec des start-uppeurs et des avocats d'affaires". L'un des principaux défis qui attendent M. Macron sera donc d'élargir sa base électorale.
Pour l'heure, malgré son enthousiasme et la mise en scène de sa candidature bien orchestrée, il est loin d'avoir gagné la partie. Dans les sondages, il plafonne pour l'instant autour de 15 % à 18 % des intentions de vote au premier tour de la présidentielle. Tro p peu pour espérer peser.
Bruno Le Maire invoque une nouvelle "donne"
Pour le candidat à la primaire de la droite, qui veut incarner "le renouveau" dans son parti, la candidature de l'ancien ministre de l'économie doit envoyer un message à droite également.
Autre réaction politique, celle de Jean-Luc Mélenchon, parlant sur son blog d'Emmanuel Macron "comme un nouveau masque pour le vieux monde".
Bonjour Nurr. La candidature d'Emmanuel Macron gêne à la fois la droite (et pourrait notamment faire concurrence à Alain Juppé), la gauche et le centre. En effet, comme l'explique notre journaliste Cédric Pietralunga dans son article, en se déclarant avant le premier tour de la primaire de la droite, dimanche 20 novembre, Macron peut espérer peser sur le scrutin et notamment priver de voix M. Juppé. "Macron candidat, certains électeurs pro-Juppé pourraient rester chez eux et favoriser une victoire de Sarkozy, ce qui lui ouvrirait un boulevard au centre", avance un élu, même si François Bayrou (MoDem) se lancerait sans doute aussi.
De même, le fait de griller la politesse à M. Hollande, qui refuse d'avancer la date de sa candidature, fixée au début de décembre, accentuerait la pression sur le chef de l'Etat, qui a déjà du mal à repousser Manuel Valls. "Imaginez que les premiers s ondages donnent Hollande battu par Macron au premier tour, cela risque de tanguer même chez les hollandais", anticipe d'ailleurs un connaisseur du PS. Or, M. Macron veut à tout prix éviter un face-à-face avec son ancien mentor et porter l'étiquette de Brutus qui va avec. Quant au centre, lui aussi dédaigne M. Macron, qui a bien tenté de séduire M. Bayrou, en vain.
Un membre du gouvernement à propos de la candidature d'Emmanuel Macron :
On ne rallie pas 50 % des Français avec des start-uppeurs et des avocats d'affaires. En politique, c'est la demande qui fait l'offre et non l'inverse. Or, Macron ne rencontre pas d'écho dans la société, on parle de lui dans les dîners à Paris, pas sur les marchés.
Avant l'annonce de candidature de Macron, les couteaux sortent chez les politiques :
- Crise de jalousie médiatique pour Arnaud Montebourg à l'heure où son concurrent doit annoncer sa candidature ? M. Macron est "le candidat des médias", a dénoncé sur France 2 le candidat à la primaire organisée par le PS.
J'ignore qui est Emmanuel Macron, quelles sont ses orientations (...). Pour moi il est un peu comme M. X (...). Il a une équipe de campagne très étoffée, la quasi-totalité des magazines, beaucoup d'organes de presse.
Et d'insister, se considérant comme délaissé par la presse nationale (pourtant invité sur le plateau d'un média national) :
C'est le candidat des médias, puisqu'il en est à sa 75e 'une' de magazine sans avoir fait une seule proposition."
Les propositions que je formule sur le terrain provoquent l'engouement populaire (...), seule la presse régionale s'intéresse à ma candidature. Pas la presse nationale.
- Lors d'une interview sur France 24, TV5Monde et RFI mardi soir, le président de la République François Hollande a répondu à l'annonce attendue de la candidature de son ancien protégé par un appel au « rassemblement » et à « la cohésion ». Il a ajouté que la gauche ne pourra pas être au « rendez-vous » de 2017 « si elle n'est pas rassemblée ».
- Le secrétaire d'Etat chargé du commerce extérieur, Matthias Fekl, a pour sa part qualifié M. Macron de "candidat de ceux qui veulent faire exploser la gauche" et a critiqué sévèrement le choix de l'avoir fait entrer au gouvernement en 2014, sur RMC. "A ce titre, je n'ai jamais compris sa nomination" au gouvernement en août 2014 quand il a succédé à Arnaud Montebourg à la tête du ministère de l'économie, a-t-il dit.
- Le vice-président du Front national, Florian Phi lippot, ne se prive pas de questionner sur Twitter l'intérêt de la candidature de M. Macron, estimant que "son créneau européiste, néolibéral, immigrationniste est déjà saturé à droite et à gauche".
- « Il faut se méfier » du « chevalier blanc » M. Macron, selon Alain Juppé Dans un entretien au quotidien Les Echos, le maire de Bordeaux, candidat à la primaire de la droite, juge que M. Macron « se présente aujourd'hui comme le chevalier blanc totalement nouveau ». Mais pour M. Juppé, « Il faut se méfier des gens qui font le contraire de ce qu'ils disent et disent le contraire de ce qu'ils font ». Il ajoute : « Il ne faut pas être naïf. Voilà avec Emmanuel Macron quelqu'un qui a totalement cautionné la politique économique menée depuis 2012, à commencer par la hausse massive des impôts. »
- « Ma conviction, c'est que les Français ne co nfieront pas leur destin à quelqu'un qui n'a aucune expérience, et surtout qui n'a rien démontré pour le moment », a quant à lui déclaré François Fillon , candidat à la primaire de la droite, sur RTL mercredi. Pour M. Fillon, cette annonce marque « la fin du quinquennat de François Hollande », car « c'est l'homme le plus proche de lui, celui qui a conçu son programme économique », qui cause « beaucoup de difficultés et de catastrophes dans le pays. »
- Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes et président par intérim du parti Les Républicains, a attaqué M. Macron sur ses déclarations passées, lorsqu'il avait parlé à la radio d'employées "illettrées". Selon lui, l'ex-ministre de l'économie est "quelqu'un qui est l'incarnation de l'élite mondialisée, qui expliquait à une ouvrière qui perdait son emploi que c'est parce qu'elle était ille ttrée".
Candidature de Macron : qu'en disent nos confrères ? Petite revue de presse matinale
Avec la fin de ce que Le Parisien nomme "le vrai-faux suspense" de la candidature de l'ex-ministre de l'économie, "chaque jour qui passe apporte donc son coup de marteau dans la statue Hollande", constate Cécile Cornudet dans son billet politique des Echos. "Son succès, à confirmer maintenant – et le plus dur est devant lui –, tient au caractère transgressif de sa démarche", écrit quant à lui Guillaume Tabard dans Le Figaro.
Le "pari" de ce "jeune premier fraîchement émoulu sur la piste aux étoiles" – selon la formule d'Alain Dusart dans L'Est républicain – est "qu'il est le seul, si les Français veulent tout changer, à offrir un choix véritablement nouveau", analyse Jean Levallois de La Presse de la Manche. Il lui faut maintenant engranger "soutiens et argent".
Une chose est cependant certaine, selon les commentateurs, c'est qu'"Emmanuel Macron, en prenant ses concurrents de vitesse et en passant outre l'obstacle initial, dispose d'un peu de temps pour créer une machine de guerre électorale", commente dans L'Alsace Laurent Bodin.
Macron aux portes de la candidature
Selon nos informations, les principaux soutiens d'En marche ! – le mouvement lancé en avril par Emmanuel Macron – ont été invités ce mercredi à déjeuner avec leur champion. Officiellement pour inaugurer leur nouveau quartier général de campagne, transféré de la tour Montparnasse vers des bureaux trois fois plus grand du 15e arrondissement de Paris. Officieusement pour les informer de sa décision de candidature.
Preuve d'une accélération des horloges, le natif d'Amiens sera le lendemain et vendredi en déplacement à Marseille, une ville où il se murmure qu'il pourrait briguer une circonscription lors des élections législatives. "Il y aura du monde", prévient son entourage.
Ces derniers jours, des élus proches évoquaient pourtant un Macron encore hésitant. "La décision n'est pas totalement arrêtée ", assurait son entourage ce week-end. La faute au livre commencé il y a deux ans, auquel l'ex-étudiant en philosophie a du mal à mettre un point final. La faute surtout au pas de deux entamé entre François Hollande et Manuel Valls pour savoir lequel représentera la gauche de gouvernement à la primaire.
Mais nous garderons aussi un œil sur le Front national, dont la présidente et candidate à la présidentielle Marine Le Pen doit inaugurer dans la matinée son QG, dans le 8e arrondissement de Paris, et présenter le slogan et le logo de sa campagne.
Aujourd'hui, une grande partie de ce direct sera évidemment consacrée à l'officialisation attendue de la candidature d'Emmanuel Macron à la présidentielle.
Nous décrypterons cette annonce et répondrons à vos questions dans un chat avec l'un de nos journalistes du service politique.
En attendant, vous pouvez retrouver notre première analyse :
Avant de commencer avec ce qui va nous occuper une grande partie de la journée, à savoir l'insoutenable suspense (!) autour de l'officialisation de la candidature d'Emmanuel Macron à la présidentielle, petit coup d'œil dans le rétroviseur sur ce qui a marqué la journée de mardi :
Bonjour aux plus matinaux et bienvenue dans ce direct consacré à l'actualité politique de ce mercredi 16 novembre !
References
- ^ comme l'avait révélé Les Echos il y a une semaine (www.lesechos.fr)
- ^ Comparateur de programmes. (www.lemonde.fr)
- ^ Nicolas Sarkozy. (www.lemonde.fr)
- ^ Etat d'urgence. (www.lemonde.fr)
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