Nous fermons désormais ce direct, merci à tous de l'avoir suivi !
Vous pouvez retrouver les points clé de ce débat dans notre article :
Nous avons vérifié quelques affirmations des candidats ce soir :
Un résumé des conclusions des candidats :
Jean-Frédéric Poisson : "Le redressement de notre pays passe par des mesures énergiques, qui ne sont pas nouvelles. Une volonté de retrouver nos racines, la culture, la famille et le mariage au centre de la vie sociale, éviter la marchandisation."
Alain Juppé : "Depuis deux ans,j'ai entendu votre inquiétude, souvent de la colère aussi. Je veux restaurer un Etat fort. Ensemble nous allons rebâtir la fierté des Français."
Jean-François Copé : "Il faut rétablir le commandement de notre pays, en finir avec le côté versatile, une certaine inconstance qui a présidé. Mon idée c'est celle d'une France décomplexée"
Bruno Le Maire : "La meilleure solution, c'est l'audace, celle de transformer notre classe politique, de mettre fin au monopole syndical, de res taurer l'autorité de l'Etat"
Nicolas Sarkozy : "Le monde qui s'annonce ne fera aucun cadeau à la France. J'ai connu la difficulté de gouverner la France au moment de la crise de 2008. La France veut de l'autorité, j'ai cette autorité; elle veut de l'énergie, j'ai cette énergie".
François Fillon : "J'ai un programme qui n'est pas facile. Mais c'est le seul qui rendra sa liberté au pays. Dimanche prohcain ,je dis aux Français 'n'ayez pas peur, n'ayez pas peur de contredire les médias et les sondages'"
Nathalie Kosciusko-Morizet : "Au premier tour, on choisit. Il y a la revanche, la nostalgie, la déprime, moi je propose une autre voie."
C'est l'heure des conclusions
Jean-Frédéric Poisson n'est pas aussi enthousiaste sur les questions numériques. "L'essor de l'économie numérique remet en cause le financement de notre modèle social. Deuxièmement, je me méfie d'une révolution numérique qui impose une marchandisation des relations humaines. Et si vous remplacez des hommes par des robots...les robots ne paient pas de cotisation."
Jean-François Copé a profité d'une partie de son temps de parole pour critiquer la gestion budgétaire du président Nicolas Sarkozy et de son premier ministre de l'époque François Fillon : "Je constate que j'ai quitté mes fonctions [il était ministre délégué au budget entre 2004 et 2007] avec un budget qui respecte les critères de Maastricht. En 2012, on a dépassé tous les critères..."
En effet, le déficit budgétaire n'était que de 2,5 % du PIB en 2007, contre 4,8 % en 2012, avec un "pic" à -7,2 %. Ce que ne précise pas M. Copé, c'est que la France a été touchée en 2009 et 2010 par une très grave crise financière mondiale.
Nathalie Kosciusko-Morizet évoque la question du numérique :
On vit une vraie révolution (...) Le monde politique en reste à l'écart. Rien que dans le monde du travail, on vit une transformation complète : l'émergence du travail indépendant, avec les nouvelles technologies (...). Le rôle du politique, c'est de trouver des solutions pour demain. Ce n'est pas une option, on n'a pas le choix. Ceux qui disent on ne veut pas entendre parler de l'ubérisation ne rendent pas service aux Français. Ce sont les mêmes qui, dans les années 1980, n'ont pas voulu parler de robotisation.
Pour Bruno Le Maire "c'est une chance majeure pour notre pays si nous sommes capables d'accompagner cette révolution. D'ici 2025, ma proposition est que tous les territoires ruraux soient équipés en haut débit."
Nicolas Sarkozy évoque de nouveau le regroupement familial, dont il veut suspendre le côté "automatique". Sauf que ce dernier (qui concerne 12 000 personnes par an) n'a jamais été automatique.
L'ancien chef de l'Etat se lance dans une anaphore qui conteste l'idée d"identité heureuse" slogan de campagne d'Alain Juppé :
Il n'y a pas d'identité heureuse quand il y six millions de chômeurs et le plein emploi en Allemagne. Il n'y a pas d'identité heureuse quand il y a des jeunes Français nés en France qui vivent moins bien que leurs grands-parents. Il n'y a pas d'identité heureuse lorsqu'il y a un islam politique qui teste la République.
Alain Juppé lui répond :
Je pense que les Français ont très bien compris que je mesure que les Français ne nagent pas dans le bonheur. On en a parlé tout au long de ces émission. En revanche le rôle d'un chef d'Etat c'est de fixer un cap est ce cap ce doit être la réconciliation des Français, une France qui retrouve le bonheur de vivre ensemble.
Nicolas Sarkozy a la parole :
Je partage l'avis de François Fillon, il faut augmenter la durée du temps de travail des fonctionnaires. Je suis pour le travailler plus pour gagner plus. Au fond, il y a deux clivages qui me semblent importants entre nous : je pense que François Fillon sous estime le ras-le-bol de la classe moyenne à propos des impôts. (...) Je souhaite que l'alternance se traduise par une baisse de l'impôt sur le revenu, la suppression de l'ISF (...)
Alors que la parole est donnée à François Fillon, qualifié d'"imposteur" par Jean-François Copé, Nathalie Kosciusko-Morizet s'immisce dans la conversation :
S'il faut se faire insulter pour avoir le droit de parler...
Nicolas Sarkozy renchérit :
… Dans ce cas j'aurais souvent la parole !
Un peu plus tôt dans la soirée, Bruno Le Maire s'est exaspéré de la réaction du journaliste Jean-Pierre Elkabbach quand ce dernier a laissé entendre que le candidat ne serait pas qualifié au second tour de la primaire :
Nathalie Kosciusko-Morizet : "On a dévoyé la fonction publique. On a donné ce statut a beaucoup de missions qui n'avaient pas à l'avoir. Il faut que ça ait du sens. Ça en a pour les magistrats."
"On ne fera pas travailler 39 heures les enseignants" rétorque Alain Juppé.
François Fillon lui répond : "Je propose une augmentation du temps de travail de l'ensemble des fonctionnaires, le passage à 39 heures qui permet de réduire de 500 000 le nombre de fonctionnaires."
François Fillon et Alain Juppé s'opposent sur les suppressions de postes dans la fonction publique. Alain Juppé accuse l'ancien premier ministre de formuler une proposition impossible (500 000 fonctionnaires). Le second assure que c'est possible et se justifie.
Nous avions étudié la question en début de semaine. En pratique, il est effectivement "possible" de réduire autant les emplois publics, mais cela supposerait de ne plus recruter aucun fonctionnaire ou presque pendant cinq ans, ce qui rend la mesure difficilement applicable.
A son tour, Alain Juppé évacue l'invitation à interpeller ses adversaires et décide de parler de "ruralité". Puis se plie à la consigne et interroge François Fillon sur sa proposition de supprimer 600 000 fonctionnaires. Pour lui "si on supprime 500 000 postes, on ne recrute pas d'infirmière, pas de policier, et ça c'est juste impossible."
S'ouvre une séquence où les candidats sont invités à se questionner les uns les autres... qui peine à se mettre en place.
François Fillon interpelle les journalistes et remet en cause les conditions du débat "où vous balayez des sujets de fond en trente secondes". Lui veut évoquer les questions de santé : "je voudrais qu'on réforme la politique de santé, qu'elle soit basée sur les médecins généralistes, désétatisée".
Le temps de parole de chaque candidat est affiché sur son pupitre, et les journalistes doivent en tenir compte lorsqu'ils donnent la parole à chacun. David Pujadas a bien précisé que tous ne peuvent pas s'exprimer sur chacun des sujets.
Effectivement, certains contournent le système. Ainsi, Jean-Frédéric Poisson, interrogé sur le découpage des régions, a considéré que le sujet était peu intéressant et a choisi de répondre à la question précédente sur la pauvreté.
François Fillon a critiqué à son tour l'organisation du débat, qui ne lui laissait pas le temps de parler des questions de santé, par exemple.
Place aux questions sur la réforme des régions
Nathalie Koscisko-Morizet : "D'abord, je pense que la façon dont François Hollande a agi, découpant sur un coin de table redessinant des régions qui ont une certaine cohérence économiques, historiques, fortes, c'est une forme de mépris de territoires. Je pense qu'on est dans un pays trop centralisé. C'est plus embêtant aujourd'hui : les énergies sont plutôt locales, dans la société. Je souhaite beaucoup plus d'initiatives au niveau local sur l'organisation" Elle se dit favorable à des référendums locaux, par exemple pour l'Alsace ou pour que la Loire-Atlantique rejoigne la Bretagne.
Jean-Frédéric Poisson : "Le découpage territorial a été fait n'importe comment. La liberté doit être maîtresse dans cette affaire. La Corse est un département particulier, à part. Enfi n, deux départements, un peuple. Il y un besoin particulier d'autonomie."
Bruno Le Maire : "Il faut simplifier le plus possible cette organisation. L'Etat c'est la protection des Français, c'est la police, justice, santé. Ensuite vous avez les régions. Le découpage, ce n'est ni fait ni à faire. Mais ce n'est pas la priorité. Dans les régions où il y a eu des blessures, comme l'Alsace, il faut faire des expérimentations. Pas besoin de faire des grandes lois au niveau national. Je ne suis pas favorable à la suppression des départements, il faut un échelon de proximité."
Jean-François Copé : "Il faut fusionner les départements et les régions. Avec une remarque : qu'on permette à des régions qui veulent reprendre leur indépendance de le faire. L'échelon de proximité : c'est la commune."
Vous avez l'ouïe fine, Zebulon. En réécoutant l'extrait, on entend effectivement Alain Juppé lâcher un "c'est pas vrai..." quand David Pujadas interroge Nicolas Sarkozy sur le témoignage de Ziad Takieddine et sur un possible financement illégal de sa campagne présidentielle en 2007.
Sur la dégressivité des assurances chômage
Alain Juppé : "Je donnerai six mois aux partenaires sociaux pour se mettre d'accord sur la réduction du déficit de l'Assurance chômage. S'ils ne trouvent pas d'accord, nous mettrons en place la dégressivité des allocations chômage, dont la première application se produira en janvier 2019."
Jean-François Copé : "Moi je regarde les pays qui ont réussi à réduire leur taux de chômage, comme l'Allemagne. Plafonner les allocations à 75 % du smic, c'était dans le programme en 2007, on ne l'a pas fait. La priorité c'est de baisser les charges, les contrôles, d'assouplir le droit du travail. On est dans un contexte d'hypocrisie générale. La CGT va continuer de tout bloquer, alors il faut se mobiliser et le faire par ordonnance."
Les candidats sont interrogés sur le revenu de solidarité active (RSA)
Nicolas Sarkozy : "Je souhaite qu'on change le RSA, qu'on fasse une allocation sociale unique gérée par l'Etat. Jamais une personne qui gagne le RSA ne gagnerait plus de 75 % du smic. Et qu'une personne qui refuse deux offres d'emploi en perde le bénéfice.(...) Nous avons une colère incandescente de la France qui travaille, notamment des travailleurs pauvres. Ils ne veulent pas que le devoir de travailler soit moins important que le droit d'être indemnisé."
François Fillon : "La pauvreté s'accroît dans le pays. Une allocation sociale unique ne doit pas inclure les personnes âgées Je ne veux pas que cette allocation soit gérée par l'Etat, je veux qu'elle soit personnalisée."
Alain Juppé : "14 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, il n'y a eu aucune amélioration ces dernières années. Qui sont ces personnes ? Des personnes privées d'emploi, les familles monoparentales, les petites retraites. Je ne suis pas pour une allocation unique mais pour une prestation . Naturellement, il faut les inciter à reprendre un travail, sanctionner un refus. Mon objectif c'est de débloquer le marché de l'emploi, je propose zéro charge sur le smic."
Bruno Le Maire : "Si on veut que ça change, il est temps de prendre des mesures radicales sur le marché du travail. Je vous rassure : il est totalement hors de question de mettre en place des emplois rémunérés à 5 euros". Lui propose des "emplois rebonds" pour "tendre la main à ceux qui sont les plus fragiles". Il s'agit d'une "rémunération sous le montant du smic mais cumulable avec les allocation . Ces emplois rebonds seront encadrés : un nombre limité pour un temps limité."
Concernant la sélection à l'université, François Fillon s'inquiète que la France devienne "le seul pays du monde où on est en train de créer un droit au master". C'est très exagéré.
Une proposition de loi centriste a été examinée au Sénat sur la réforme des masters, après un accord obtenu avec la communauté universitaire. Elle prévoit d'instaurer une sélection à l'entrée en première année de master (sur dossier, entretien ou épreuve), en fonction des capacités d'accueil, mais d'en finir avec la sélection en deuxième année. Les étudiants non admis dans le master de leur choix se verront alors proposer des cursus alternatifs.
Toujours sur l'école :
Alain Juppé : "Si on supprime le collège unique ça veut dire qu'on fait deux collèges : un pour les bons et un pour les moins bons. Jje n'en veux pas. Il faut diversifier les enseignements, les personnaliser selon les enfants, c'est pourquoi je propose de donner beaucoup d'autonomie pour les établissements. Aujourd'hui nous laissons nos lycéens se précipiter dans des filières universitaire dans lesquelles ils n'ont aucune chance de réussir car il n'y a pas de sélection. Je propose une meilleur orientation sélective."
Nicolas Sarkozy : "La fin du collège unique c'est la possibilité d'interdire le collège général aux familles les plus modestes. Je suis contre. Je suis pour l'apprentissage dès 14 ans. Il faut une lutte contre l'échec scolaire dès le CP : un enfant qui ne maîtrise pas la lectu re ne peut pas passer à un niveau supérieur. Les universités doivent décider elles-même des conditions de la sélection pour rentrer, du prix demandé aux étudiants, du système de bourse. Je crois à autonomie."
François Fillon : "Il faut que 75% du temps passé à l'école primaire soit consacré aux fondamentaux. Les élèves qui ne les maîtrisent pas ne doivent pas aller au collège tant qu'ils ne les maîtrisent pas. A l'université, je propose une solution à travers un baccalauréat rénové, avec moins de matières : qu'on sélectionne les étudiants sur la base des résultats au bac."
Jean-François Copé : "Il faut travailler en amont, on ne s'improvise pas pré-délinquant c'est un problème familial qui implique les parents (...) Je propose que tous les enfants de France aient la possibilité de chanter l'hymne national, saluer le drapeau et porter l'uniforme. Et je propose un se rvice national de six mois pour tout le monde, pas que les décrocheurs."
Nathalie Kosciusko-Morizet : "La réforme des rythmes scolaires (tous les autres réagissent pour dire qu'ils sont d'accord qu'il faut la supprimer). ça abîme l'autorité du professeur, on met à la place du prof des animateurs qui viennent parler d'origami, de zumba… Je suis très favorable au service national non pas de six mois mais de trois mois. Le service national, c'est reconnecter la nation sur les idées de défense."
Jean-Frédéric Poisson : 'Attention à ne pas pénaliser les familles. Je plaide pour le retour de l'état dans les quartiers difficiles. je plaide pourquoi pas pour des maisons de correction. La politique familiale est la clé de tout cela"
Nicolas Sarkozy souhaite "suspendre les allocations" des parents qui ne signaleraient pas l'absentéisme de leu rs enfants" et un "service national pour les décrocheurs".
Les questions de société sont maintenant abordées, à commencer par l'école :
Bruno Le Maire : "L'école, ça ne marche pas, ça ne permet pas à chaque enfant de trouver sa voie. J'estime que dès la 6e, il faut laisser à chaque enfant la possibilité de découvrir son talent, deux heures par semaine. Au moins chacun de nos enfants découvrira le talent au fond de lui. Quel est l'objectif ? Qu'on puisse revaloriser la voie professionnelle, qu'elle vaille la voie générale."
Jean-François Copé veut des collèges dans les quartiers. "Si le collège ne marche pas aujourd'hui, c'est parce qu'il est le même dans chaque quartier. C'est une fiction égalitariste. Il faut que chaque chef d'établissement soit le chef de son établissement. il faut un tronc commun." M. Copé propose également dès le CM2 une évaluation pour détecter l'illettrisme.
Nathalie Kosciusko-Morizet : "Le problème aujourd'hui, ce sont les fondamentaux : il y a moins d'heures. Aujourd'hui, il y a du soutien en primaire mais pas au collège. Il faut réinvestir, mais pas sortir les enfants du système avant la 6e."
Jean-Frédéric Poisson : "J'ai connu un collège pas unique mais qui tolérait les classes de niveau. C'est à ça qu'il faut revenir. Aujourd'hui, les professeurs sont confrontés à des niveaux tellement hétérogènes que personne ne peut en profiter pleinement."
Matthieu Goar est journaliste au service politique du Monde :
Sur l'Europe,Nathalie Kosciusko-Morizet est opposée à un référendum immédiatement après l'élection."Il faut montrer à quel point l'Europe est utile, on a besoin de lancer de nouvelles politiques européennes sur les sujets d'angoisse : question migratoire, lutte contre le djihadisme..."
Bruno Le Maire propose de passer le budget de la défense à 2 % de la richesse nationale, plutôt que de compter sur une défense européenne (Jean-Frédéric Poisson propose même d'aller jusqu'à 2,5 %). Actuellement, ce budget représente 1,5 % du PIB.
Le thème suivant est celui de l'Europe
Jean-Frédéric Poisson : "Je suis, de tous les candidats, le seul qui ait voté contre tous les traités européens, car cette construction de l'Europe qui va à marche forcée vers un marché unique ne va pas dans le bon sens." "On ne peut pas continuer à faire en sorte que la BCE nous emmène tout droit vers la faillite économique et monétaire du continent."
Alain Juppé : "L' Europe est menacée de dislocation, ma conviction c'est que si nous allons dans ce monde turbulent désunis, nous deviendront vassaux des grandes puissances qui nous entourent."
"Il faut redonner envie d'Europe en donnant à l'Europe des frontières(...), redéfinir la règle du jeu entre Bruxelles et les capitales, consolider la zone euro en harmonisant les fiscalités. Il faut se poser la question fondamentale de ce que nous av ons en commun, est-ce qu'il y a une conscience européenne ?"
François Fillon : "Il ne faut pas de nouveau traité, on ne pourra pas avoir de nouveau traité satisfaisant. Un traité à vingt-sept aujourd'hui aura forcément des inconvénients pour le peuple français. Il faut partir [comme base] de la zone euro, mettre au sommet de cette zone euro un vrai gouvernement , avec les chefs d'Etat et de gouvernement."
Toujours sur les questions environnementales :
François Fillon promet 75 % de nucléaire en 2022 dans la part de la production électrique. "Réduire les gaz à effet de serre, c'est fermer progressivement toutes les centrales à énergie fossile et remplacer par du renouvelable mais en maintenant le nucléaire, qui est un avantage compétitif pour l'économie française. On ne ferme pas Fessenheim, on ne ferme aucune centrale tant que l'Autorité de sûreté nucléaire ne demande pas de le faire."
On passe aux questions environnementales :
Jean-François Copé exige "une taxe carbone" à l'entrée de tous les produits qui seraient "plus carbonés que ceux des pays européens".
Nathalie Kosciusko-Morizet : "il faut pouvoir conjuguer questions commerciales et environnementales, c'est important. Mais pour pouvoir le faire, il faut qu'on soit crédible, avoir une politique interne de qualité et pas professer des positions climatosceptiques"
Nicolas Sarkozy : "c'est insupportable qu'on accuse en permanence nos agriculteurs de saboter le climat. Je défendrai l'agriculture française et européenne, j'en ai assez qu'on pose des règles et qu'on importe des produits de pays qui ne respectent aucune règle. Nous avons une filière nucléaire qui fait consensus depuis le début de la Ve république, à l'exception de Fra nçois Hollande. Honte à lui."
Les candidats évoquent à présent les questions de défense
Nathalie Kosciusko-Morizet : "La France est un des quelques pays qui a une grande armée. Avec le départ de la Grande-Bretagne [de l'Union européenne], nos dépenses représenteront 25 % des dépenses militaires européennes. Nous avons besoin d'investir plus. Nous portons un fardeau qui profite à d'autres, notamment aux Européens. L'Europe doit prendre sa part. Au minimum qu'on puisse sortir ces dépenses des critères de Maastricht."
Bruno Le Maire : "Tous les autres pays européens doivent augmenter leur budget de défense. Il faut une meilleure coordination (...) Il faut un nouveau traité européen, qui pourrait être soumis au peuple français. Nous devons effacer la blessure démocratique de [l'échec du projet de traité constitutionnel européen] 2005."
Ni colas Sarkozy : "Trump ne dit pas que des bêtises sur l'OTAN, lorsqu'il propose par exemple que l'OTAN doit être mis au service de la lutte antiterroriste"
Jean-Frédéric Poisson profite d'avoir la parole pour évoquer la question syrienne à son tour
Jean-Frédéric Poisson : "La Turquie n'a pas à entrer dans l'Union européenne, je partage ce point de vue. Sur la question syrienne. Je suis extrêmement soucieux de cette situation car la Syrie est le cœur du Moyen-Orient. Je pense que la fermeture de l'ambassade à Damas a été un signal très négatif en 2012. C'était sous Nicolas Sarkozy. La fermeture ne pouvait pas nous permettre de garder nos positions. Il n'y a pas d'autres solutions que celles-ci à Damas : soit Bachar Al-Assad reste, soit des islamistes prennent le pouvoir. je crois que Bachar Al-Assad est le président en place. Quand il s'est agi de serrer la main de Staline pour battre Hitler, on s'est posé moins de questions."
François Fillon lui répond : "Si nous a vons fermé cette ambassade, c'est qu'au milieu d'une révolution, il y avait des menaces physiques sur les personnels de l'ambassade. Mais ça fait deux ans que je demande la réouverture d'un canal de discussion."
Alain Juppé renchérit : "Priorité à l'éradication de Daech. Il faudra ensuite trouver une solution durable en Syrie."
Nicolas Sarkozy répond à son tour sur la fermeture de l'ambassade de France à Damas : "Si c'était à refaire. Mon devoir c'était de protéger la France, on ne prend pas des diplomates français en otage". Sur Bachar Al-Assad : "Il ne faut pas prendre son départ comme un préalable."
Les candidats sont à présent interrogés sur l'attitude qu'ils auraient face à la Turquie, dont le régime est de plus en plus autoritaire
Alain Juppé : "La France a été absente de la négociation [sur les migrants] menée par Merkel et Recep Tayyip Erdogan. Il y a eu des conditions inacceptables : les visas, et le processus d'adhésion à l'Union européenne. Il faut être très clair : la Turquie n'a pas vocation à rentrer dans l'UE. Point."
Le tour de table sur le rôle de la France dans la coalition internationale contre l'organisation Etat islamique se poursuit :
Nathalie Koscisko-Morizet : "Il y a des forces spéciales au sol, est-ce que c'est une raison pour envoyer des forces régulières ordinaires ? Non. Nos soldats n'ont pas à aller risquer leur vie là bas."
François Fillon : "L'Etat islamique fait peser une menace mondiale, c'est un mouvement avec une pensée génocidaire. Il faut une coalition avec les Russes bien sûr. L'Amérique et la Russie se réconcilient par-dessus nos têtes. Il faut changer de position."
Jean-François Copé : "Personne ici n'a la moindre sympathie pour Bachar Al-Assad. Mais il faut réécrire notre feuille de route diplomatique. Dans la hiérarchie de nos ennemis, il y en a un au-dessus de tous : c'est l'Etat islamique. La priorité, ça n'est pas le sort de Bachar Al-Assad, c'est la destruction de l'EI et de tous les mouvements islamistes. Ensuite alliance ou pas avec la Russie, c'est un faux sujet."
Nicolas Sarkozy : "On ne réglera pas ça de manière militaire simplement, une fois l'EI rayé de la carte, il va falloir faire une grande conférence entre pays pour reconstruire [la coopération]."
Bruno Le Maire profite d'avoir la parole pour évoquer la candidature d'Emmanuel Macron :
On traite le sujet par dessus la jambe en disant que ce renouvellement ça n'a aucune espèce d'importance. Ne laissons pas la monopole du renouveau à la gauche.
Suit un accrochage avec Jean-Pierre Elkabbach, qui laisse entendre qu'il ne sera pas qualifié au second tour. Bruno Le Maire le reprend :
Je suis candidat à la primaire, cela mérite M. Elkabbach, le respect de votre part.
Les candidats sont à présent interrogés sur les questions internationales. Et en particulier sur le rôle et le fonctionnement de la coalition internationale contre l'organisation Etat islamique.
Alain Juppé : "Il faut poursuivre cette coalition. Je ne suis pas favorable à un déploiement au sol [de forces françaises]. Ce n'est pas à nous de le faire mais aux pays de la région."
Bruno Le Maire : "Ce n'est pas à la France d'aller demander aux Etats-Unis ce qu'elle doit faire. Elle doit prendre le leadership, en prendre l'initiative, et mobiliser ses partenaires européens." "Il aurait été temps qu'on clarifie la situation avec la Turquie. Ce serait l'honneur de la France de demander à ce que les dirigeants européens demandent des comptes sur ce qu'il se passe en Turquie."
Nicolas Sarkozy n'a pas apprécié la question sur un possible financement libyen de sa campagne présidentielle en 2007, la qualifiant d'"indigne". Les relations étaient déjà très tendues entre le candidat et France Télévisions, comme nous l'avions évoqué en septembre :
Nicolas Sarkozy est interrogé sur le témoignage de Ziad Takieddine, qui affirme lui avoir remis des valises d'argent quand il était au ministère de l'intérieur, à la fin de 2006 et au début de 2007. L'ancien président de la République élude la question ; pourtant les soupçons se font de plus en plus importants sur un possible financement illégal de sa campagne présidentielle de 2007.
Nicolas Sarkozy est interrogé sur les révélations de Ziad Takieddine qui a affirmé avoir donné en main propre de l'argent liquide à l'ex-président en 2007. "Quelle indignité", répond M. Sarkozy, "nous sommes sur le service public vous n'avez pas honte de donner écho à un homme qui a fait de la prison, qui a été condamné à d'innombrables reprises pour diffamation ce n'est pas idée que je me fais du service public".
Une question à présent sur Emmanuel Macron, qui a annoncé sa candidature à la présidentielle mercredi. "Un problème pour la gauche", juge Alain Juppé," il essaie de se refaire une virginité il aura un peu de mal je pense".
La première question concerne l'émergence des votes anti-élites, notamment après la victoire de Donald Trump aux Etats-Unis. Voici ce qu'en pensent les candidats
Alain Juppé. "Fera-t-il (M. Trump) après l'élection ce qu'il avait annoncé avant ? C'est une question que nous devrions nous poser aussi en France. Il commence à mettre de l'eau dans son vin. Cela nous pose trois défis, trois chocs. Le commerce : on nous parle beaucoup de protectionnisme, mais nous ne devons pas être naïfs avec les Etats- Unis, il faut défendre nos intérêts et nous doter des outils nécessaires. Ensuite le choc de la défense : qui paye commande. Le troisième choc, c'est le développement durable."
Nathalie Kosiusko-Morizet. Il faut parler de la défense, les USA vont être beaucoup plus isolationnistes, il faut qu'on puisse partager cette charge avec les Européens et sor tir la défense des 3 % de Maastricht.
Nicolas Sarkozy. "Il y a deux conséquences géostratégiques : la première puissance politique du monde va défendre ses intérêts avec davantage d'agressivité, je propose donc que l'Europe se réunisse. Deuxième conséquence : l'Amérique va se rétracter sur elle-même : il y a une opportunité de reformer un leadership sur la régulation des matières premières."
Jean-François Copé. "C'est l'Amérique de toutes les colères qui a gagné, ça fait des années que droite et gauche se battent sur la défense des minorités, on voit que c'est un débat entre gagnants et perdants de la mondialisation."
La première question concerne l'émergence de votes anti-élites, notamment après la victoire de Donald Trump aux Etats-Unis. Voici ce qu'en pensent les candidats :
François Fillon. "Il faut toujours dire la vérité et ne pas changer d'attitude parce que Trump, c'est le choix des Américains. Beaucoup de nos contentieux ne datent pas de Trump. Le moment est venu avec l'élection de Trump de dire stop et de convaincre les Européens de mettre en place une relation transatlantique beaucoup plus équilibrée."
Jean-Frédéric Poisson. "Les Etats-Unis vont changer de pied probablement dans les intentions qu'ils ont formulées sur le Proche-Orient, la relation avec l'OTAN. A défaut d'avoir à faire des commentaires sur la vie politique française, je pense qu'il y a une opportunité formidable."
Bruno Le Maire. "Quand on n'écoute pas les p euple, les peuples se vengent, on le voit en Autriche, en Allemagne, avec le Brexit, le peuple décide autrement, il y a une colère, une inquiétude dans toutes les nations occidentales."
L'émission commence par un point sur le déroulement du vote, des informations que vous pouvez retrouver dans cet article :
Le débat commence
Il s'agit du troisième et dernier débat avant le premier tour de la primaire, qui se tient dimanche.
Les candidats saluent leurs soutiens sur le plateau
- Fabienne Keller est porte-parole d'Alain Juppé
- Les soutiens de Jean-Frédéric Poisson
- Jérôme Chartier est porte-parole de François Fillon
Le plateau du débat de ce soir
Posez vos questions !
Comme d'habitudes, toutes vos questions sont les bienvenues avant le début de l'émission prévu à 20h55.
Comparez les programmes des candidats !
Découvrez notre comparateur des programmes et des propositions des candidats à la primaire de la droite pour l'élection présidentielle 2017.
Le déroulé de la soirée
Nous nous sommes procuré le conducteur de l'émission que voici :
Début de l'émission vers 20 h 55. Il n'y aura pas de pause publicitaire.
Sujet d'actualité 1 "Primaire mode d'emploi"
Introduction par David Pujadas 15 minutes
Sujet d'actualité 2 : Trump et/ou autre grosse actualité
Questions de Jean-Pierre Elkabbach (Europe 1) 30 minutes
Sujets : Syrie, Russie, Turquie, Climat, Europe
Questions de Nathalie Saint-Cricq (France 2) 30 minutes
Education/jeunesse, Laïcité, Immigration
Questions de Hervé Favre (La Voix du Nord) 30 minutes
Assistance/précarité, Protection sociale, Re-découpage régional
DEBAT DE FIN : David Pujadas 20 minutes
Derniers échange s et conclusions (1'30 par candidat)
Les sept candidats se retrouvent pour une ultime confrontation à partir de 20h55 sur France 2 et Europe 1. Pour la première fois, ils devront répondre aux questions des internautes
Bonsoir et bienvenue dans ce direct où nous suivrons avec vous le troisième et dernier débat entre les candidats à la primaire de la droite.
References
- ^ dans notre infographie, ici (www.lemonde.fr)
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