Le Monde | • Mis à jour le | Par Cédric Pietralunga[1]
Emmanuel Macron continue sa marche en avant. Malgré un appel (officieux) au boycott lancé par une partie de la gauche, l'ex-ministre de l'économie a fait l'unanimité lors de sa venue au Sommet des réformistes européens, organisé samedi 24 septembre à Lyon[2] par l'Institut Montaigne, un cercle de réflexion libéral, et par les Gracques, un think tank proche de l'aile droite du parti socialiste[3] (PS).
« Je préfère me réjouir[4] des présents que commenter[5] les absents », a lancé M. Macron à son arrivée en début d'après-midi au musée des Confluences, où se réunissait une centaine d� �universitaires, de chefs d'entreprise, d'hommes politiques et de responsables associatifs européens, pour débattre[6] de l'avenir du Vieux Continent.
Regrettant que sa venue ait pu provoquer[7] « des soubresauts », il a fustigé les absents de dernière minute. « Ou bien ils n'avaient pas grand-chose à dire[8], ou bien ils ont subi des pressions » , a-t-il regretté.
Nouveaux ralliements
Initialement prévus au programme, le commissaire européen Pierre Moscovici, l'ancien banquier Jean Peyrelevade, l'économiste Jean Pisani-Ferry, l'ex-ministre Jean-Louis Borloo[9] ou encore les responsables de Terra Nova, un think tank proche du PS, avaient annulé leur venue, par crainte plus ou moins avouée d'être associés à un meeting de campagne de M. Macron. Co-organisateur de l'événement, Gérard Collomb, maire (PS) de Lyon et soutien de poids de l'ancien banquier de chez Rothschild, avait dénoncé « une vraie chasse » contre son poulain.
Lire aussi : Macron et Valls, deux façons de récupérer les rocardiens [10]
Cela n'a pas empêché M. Macron d'engranger de nouveaux ralliements. Députée européenne (MoDem[11]), Sylvie Goulard n'a pas fait mystère, lors de ce colloque, de son désir de se mettre[12] « en marche », du nom du mouvement lancé en avril par l'ancien protégé de François Hollande[13].
La présence de Mme Goulard avait d'autant plus de poids que François Bayrou[14], le président du MoDem, qui critique sévèrement M. Macron, tenait ce week-end son université de rentrée à Guidel[15] (Morbihan). En déshérence des Républicains (LR), le député des français de l� �étranger Frédéric Lefebvre s'est dit également intéressé par la démarche de l'ancien locataire de Bercy et prêt à travailler[16] avec lui. Enfin, les ex-ministres Renaud Dutreil et Nicole Bricq, déjà ralliés, étaient aussi présents.
Donner sa vision de l'Europe
Pour intéressantes qu'elles furent, les discussions[17] de haut niveau menées depuis le matin lors de différentes tables rondes – où l'on pouvait croiser[18] Enrico Letta, ancien président du conseil italien, Pascal Lamy, ex-directeur de l'Organisation mondiale de commerce ( OMC), Hubert Védrine, ancien ministre des affaires étrangères[19], Emma Reynolds, députée du Labour au Royaume-Uni[20], Nicole Notat, ex-numéro un de la CFDT, ou encore les économistes Gilbert Cette et Elie Cohen – ont été en partie éclipsées par la venue de M. Macron et par le barnum médiatique qui l'accompagne désormais lors de ses déplacements[21].
Alors qu'il disait être[22] à Lyon pour « discuter du fond », l'ancien ministre de l'économie n'a participé à aucune des tables rondes, qui se déroulaient à huis clos, et a passé sa première partie d'après-midi à donner< small>[23] une interview à BFMTV, puis à répondre[24] aux questions des nombreux journalistes présents, lors d'une conférence de presse improvisée sur le parvis du musée. De même, il s'est prêté à plusieurs reprises aux mises en scène de Cyrille Eldin, l'animateur du « Petit Journal » de Canal+, y compris lors de la séance plénière ouverte au public.
Dans un discours de plus d'une demi-heure, en fin d'après-midi, une faveur dont il fut le seul à bénéficier[25], M. Macron s'est néanmoins attaché à donner sa vision de l'Europe[26] et à esquisser[27] des solutions pour tenter[28] de « sauver » le Vieux Continent face à « la peur et à la défiance ».
« Nous devons prendre[29] des risques, prendre nos responsabilités », a martelé le jeune énarque, stigmatisant la succession de sommets européens, auxquels il a pourtant œuvré lorsqu'il travaillait à l'Elysée, qui ne débouchent sur rien. « On ne discute plus de grands projets, on discute des mots du communiqué », s'est-il désolé, prenant en exemple le sommet de Bratislava[30], le 16 septembre, qui devait poser[31] les bases d'une refondation de l'Europe suite au Brexit, mais qui n'a pas permis de réelles avancées.
Lire aussi : A Bratislava, l'UE en quête d'un élan post-Brexit [32]
Pour un budget de la zone euro
Convaincu que l'Union européenne[33] (UE) ne pourra être sauvée sans une nouvelle adhésion des peuples, le presque candidat à la prochaine élection présidentielle a proposé de profiter[34] des échéances électorales de 2017, en France[35] mais aussi en Allemagne[36], pour organiser[37] des « conventions démocratiques » dans chaque pays européen. Objectif : « Réfléchir et faire[38] des propositions [afin d'] établir une feuille de route pour les dix à quinze ans à venir ». Celle-ci pourrait être ensuite soumise à référendum.
S'il est resté relativement évasif sur ce qu'il souhaitait voir[39] dans cette feuille de route, M. Macron a néanmoins esquissé quelques pistes. Selon lui, l'UE doit mener[40] une vraie politique[41] antidumping. « Nous avons besoin de protections pour nous ouvrir[42] au monde[43] », a-t-il dit. Prenant l'exemple des importations d'acier chinois à prix cassé, contre lesquelles il s'est battu lorsqu'il était à Bercy, M. Macron a estimé que Bruxelles « ne réagit pas assez vite, n'impose pas des tarifs assez élevés », à l'inverse des Etats-Unis.
De même, l'ancien ministre a milité pour un « budget de la zone euro », car « une monnaie sans budget est vouée à l'échec ». C'est, selon lui, le seul moyen d'obtenir une relance des investissements en Europe, alors que l'Allemagne est toujours réticente à y consacrer[44] ses excédents structurels, et ce même si le pacte de stabilité lui en fait l'obligation. Enfin, l'ancien ministre a plaidé pour la mise en place d'un « fonds européen de défense[45] ». « Nous devons être des déterminés de court terme et des optimistes de long terme », a-t-il conclu.
Lire aussi : Entre Hollande et Macron, la tension monte [46]
Resté à Lyon après la fin du sommet, M. Macron devait assister[47] en fin de journée à une rencontre avec des membres de son mouvement En marche !. Engagé dans une course contre la montre pour structurer[48] son parti d'ici aux élections présidentielle et législative, notamment au niveau local, l'ex-bras droit de François Hollande a déjà récolté 2 millions d'euros de dons pour financer[49] sa campagne, selon Christian Dargnat, dirigeant de BNP Paribas et trésorier d'En marche !, présent à Lyon.
De quoi permettre[50] à M. Macron d'aller vite : Arnaud Montebourg, un de ses possibles rivaux, a précisé il y a quelques jours n'avoir pour l'instant obtenu que 60 000 euros de dons. De même, M. Macron a indiqué, en marge de sa visite, qu'il ferait trois meetings en octobre, à Strasbourg
References
- ^ Cédric Pietralunga (www.lemonde.fr)
- ^ Toute l'actualité Lyon (www.lemonde.fr)
- ^ Toute l'actualité parti socialiste
(www.lemonde.fr) - ^ Conjugaison du verbe réjouir (conjugaison.lemonde.fr)
- ^ Conjugaison du verbe commenter (conjugaison.lemonde.fr)
- ^ Conjugaison du verbe débattre (conjugaison.lemonde.fr)
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- ^ Conjugaison du verbe dire (conjugaison.lem onde.fr)
- ^ Toute l'actualité Jean-Louis Borloo (www.lemonde.fr)
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- ^ Conjugaison du verbe travailler (conjugaison.lemonde.fr)
- ^ Toute l'actualité discussions (www.lemonde.fr)
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- ^ Conjugaison du verbe être (conjugaison.lemonde.fr)
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- ^ Conjugaison du verbe esquisser (conjugaison.lemonde.fr)
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- ^ Conjugaison du verbe prendre (conjugaison.lemonde.fr)
- ^ le sommet de Bratislava (www.lemond e.fr)
- ^ Conjugaison du verbe poser (conjugaison.lemonde.fr)
- ^ A Bratislava, l'UE en quête d'un élan post-Brexit (www.lemonde.fr)
- ^ Toute l'actualité Union européenne (www.lemonde.fr)
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- ^ Conjugaison du verbe organiser (conjugaison.lemonde.fr)
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- ^ Conjugaison du verbe ouvrir (conjugaison.lemonde.fr)
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- ^ Entre Hollande et Macron, la tension monte (www.lemonde.fr)
- ^ Conjugaison du verbe assister (conjugaison.lemonde.fr)
- ^ Conjugaison du verbe structurer (conjugaison.lemonde.fr)
- ^ Conjugaison du verbe financer (conjugaison.lemonde.fr)
- ^ Conjugaison du verbe permettre (conjugaison.lemonde.fr)
- ^ Toute l'actualité Strasbourg (www.lemonde.fr)
- ^ Toute l'actualité Montpellier (www.lemonde.fr)
- ^ Conjugaison du verbe présenter (conjugaison.lemonde.fr)
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