Selasa, 20 September 2016

L'ex-président brésilien Lula sera jugé pour corruption dans l'affaire Petrobras - Le Monde

Le juge Sergio Moro a accepté mardi les charges présentées la semaine dernière par le parquet, avançant « l'existence d'indices suffisants ».

L'ancien président brésilien Lula lors d'un rassemblement à Santo Andre, le 15 août.

L'ancien président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010), va être[1] jugé pour corruption et blanchiment d'argent dans un volet de l'affaire Petrobras. Le juge Sergio Moro a accepté, mardi 20 septembre, les charges présentées contre lui par le parquet avançant « l'existence d'indices suffisants ». Le parquet brésilien avait demandé la semaine dernière la mise en examen de l'ancien président dans ce dossier, qui éclabousse l'élite politique[2] du pays.

Lire aussi :   Le juge Moro, ennemi juré de Lula, idole des Brésiliens [3]

« Sans le pouvoir[4] de décision de Lula rien n'aurait été possible », avait alors accusé le procureur Deltan Dallagnol, lors d'une conférence de presse à Curitiba, dans l'Etat du Parana. Aux yeux de ce dernier, Lula, figure du Parti des travailleurs (PT, gauche), était en « haut de la pyramide » d'une vaste « propinocracia », néologisme réunissant les termes de « propina » (pots-de-vin) et démocratie.

Lire aussi :   Lula accusé d'être le « chef suprême » du réseau de corruption dans le dossier Petrobras [5]

Des avantages en nature octroyés à Lula

Les procureurs chargés du dossier Petrobras avaient estimé, le 14 septembre, que l'ancien syndicaliste était le « bénéficiaire direct » de largesses du groupe de BTP OAS à hauteur de 3,7 millions de réais (1,1 million de dollars au cours actuel) L'accusation soutient qu'OAS a reversé à Lula « une partie des sommes illicitement perçues au moment de la passation de marchés truqués » par la puissante compagnie étatique pétrolière brésilienne.

Lire aussi :   Petrobras, le scandale qui éclabousse le Brésil [6]

Le géant du BTP aurait octroyé ces avantages en nature, « à travers l'achat, la personnalisation et décoration » d'un appartement en triplex dans la station balnéaire de Guaruja. Lula qui avait versé une avance pour l'achat de ce logement[7] en construction avant d'y renoncer[8], conteste formellement en être le propriétaire de fait, comme il en est accusé.

La femme de l'ex-président, Maria Leticia, et six autres personnes dont Leo Pinheiro, ex-patron d'OAS, et le président de l'Institut Lula, Paulo Okamoto, font également l'objet d'une inculpation.

« Comme dans un feuilleton, ils ont créé un épilogue »

Lula est visé par trois enquêtes[9] dans le cadre du scandale Petrobras, une affaire qui a coûté plus de deux milliards de dollars à la compagnie-phare du Brésil[10] et bénéficié à des dizaines d'hommes politiques de divers partis, à des entrepreneurs du BTP et à des directeurs du géant pétrolier. L'ancien président avait déjà été inculpé le 29 juillet de tentative d'entrave à la justice[11] par le Tribunal suprême fédéral.

Il avait contre-attaqué jeudi après sa mise en cause par le parquet en se disant victime d'un complot des « élites », dans la continuité du « coup d'Etat » contre la présidente Dilma Rousseff, destituée par le Sénat le 1er septembre pour maquillage de comptes publics.

Lire aussi :   Les dernières heures de Dilma Rousseff à la tête du Brésil [12]

« Comme dans un feuilleton, ils ont créé un épilogue : ils ont élu [Michel] Temer, destitué Dilma Rousseff (…) et maintenant ils veulent détruire[13] la vie politique[14] de Lula », avait-il clamé, poussé par le PT à briguer[15] à nouveau la présidence du pays en 2018.

Lire aussi :   Face aux accusations, l'ancien président brésilien Lula contre-attaque [16]

Tidak ada komentar:

Posting Komentar