Selasa, 20 September 2016

Des camions d'aide humanitaire cibles d'un raid aérien en Syrie - Le Monde

Ils faisaient partie d'un convoi de 31 véhicules de l'ONU et du Croissant-Rouge. Aucun bilan humain n'a été confirmé pour l'heure.

Un camion de la Croix-Rouge dans la ville syrienne de Talbisseh au Nord de Homs le 19 septembre.

Quelques heures après l'annonce par Damas de la « fin » de la trêve des combats qui avait été lancée par les Etats-Unis et la Russie[1], les Nations unies ont annoncé, lundi 19 septembre, qu'au moins 18 camions chargés d'aide[2] humanitaire avaient été endommagés par des bombardements à l'ouest d'Alep. La communauté internationale a précisé ne pas être[3] en mesure de fournir[4] un bilan des éventuelles victimes. L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) fait de son côté état de douze morts parmi les bénévoles.

Ces camions faisaient partie d'un convoi de 31 véhicules de l'ONU et du Croissant-Rouge syrien, transportant notamment de la farine et de l'équipement médical destiné à soulager[5] les souffrances de 78 000 civils dans cette région ravagée par la guerre, a précisé le porte-parole des Nations unies Stéphane Dujarric. « De multiples sources ont confirmé que cette localité avait été bombardée ce soir », a-t-il ajouté.

Un hangar du Croissant-Rouge à Orem Al-Kubra a également été touché. Un habitant du secteur contacté par l'agence de presse Reuters a ainsi déclaré que les camions avaient été atteints par cinq missiles alors qu'ils stationnaient dans le centre[6] de cette ONG, dont le directeur a été grièvement blessé. Une porte-parole du Comité international[7] d e la Croix-Rouge, Ingy Sedky, a confirmé cette attaque, ajoutant que « la situation sur place est très chaotique ».

Dans un communiqué, le patron des opérations humanitaires onusiennes Stephen O'Brien s'est déclaré « très inquiet ». Il a appelé « toutes les parties au conflit, une nouvelle fois, à prendre[8] toutes les mesures nécessaires pour protéger[9] les acteurs humanitaires, les civils et les infrastructures civiles comme l'exigent les lois humanitaires internationales ».

« Urgence de la cessation des hostilités »

L'émissaire des Nations unies pour la Syrie, Staffan de Mistura, a vivement condamné ce bombardement, soulignant que le convoi s'était ébranlé au terme de longues négociations avec le gouvernement de Bachar Al-Assad. « Notre indignation face à cette attaque est énorme… Le convoi était le résultat d'un long processus d'autorisation et de préparations pour venir[11] en aide à des civils isolés. »< /em>[10]

« Scandalisés », les Etats-Unis « soulèveront la question directement auprès de la Russie[12] », a déclaré le porte-parole du département d'Etat John Kirby, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU à New York où se trouvent le président Barack Obama[13], son secrétaire d'Etat John Kerry et le ministre des affaires étrangères[14] russe Sergueï Lavrov.

Un peu plus tôt, un cadre de l'administration américaine a affirmé que les frappes contre le convoi humanitaire n'étaient pas le fait de la coalition internationale pilotée par Washington. « Les Russes ont la responsabilité de se refréner pour ce genre[15] d'actions et ils ont aussi la responsabilité d'empêcher le régime syrien de le faire », avait-il insisté.

Le chef de la diplomatie[16] française Jean-Marc Ayrault a condamné « avec la plus grande fermeté » ces raids. « La destruction d'un convoi d'aide humanitaire qui se rendait à Alep illustre l'urgence de la cessation des hostilités en Syrie », a ajouté le ministre dans une déclaration à l'ouverture d'une réunion des pays soutenant l'opposition syrienne, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU.

Depuis l'annonce de la fin de la trêve lundi, l'OSDH a fait état d'au moins 32 morts dans des frappes aériennes contre Alep et ses environs.

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