Senin, 26 September 2016

Alstom gèle son plan pour Belfort en attendant une réunion avec le gouvernement - Le Monde

A Belfort lors d'une manifestation contre l'arrêt de la production de l'usine Alstom, le 24 septembre.

Le projet[1] de fermeture partielle du site Alstom de Belfort[2] est gelé dans l'attente du plan de sauvetage promis par le gouvernement, ont annoncé lundi 26 septembre des responsables syndicaux à l'issue d'un comité central d'entreprise. Selon Claude Mandart (CFE-CGC), le PDG d'Alstom, Henri Poupart-Lafarge, a confirmé cette suspension du plan « jusqu'à ce qu'on ait une réunion avec le gouvernement, a priori d'ici le 4 octobre », date du prochain comité de groupe européen.

Lire aussi :   Alstom : une semaine décisive pour l'avenir du site de Belfort [3]

Lors d'un comité central d'entreprise (CCE) extraordinaire consacré à la stratégie d'Alstom et à l'usine historique du constructeur ferroviaire, où 400 emplois sur 480 sont menacés, M. Poupart-Lafarge a expliqué globalement la stratégie de « compétitivité » du groupe et le « contexte[4] » du secteur, plus qu'il ne s'est expliqué sur l'avenir réservé au site de Belfort, selon les syndicats interrogés par l'Agence France[5]-Presse (AFP).

« Alstom est apparemment dans un dialogue constructif avec le gouvernement », mais « sur les solutions envisagées, il n'a rien dit, il s'est retranché derrière les discussions[6] actuelles avec le gouvernement », a regretté Claude Mandart. « C'était une réunion pour rien, il ne nous a rien appris de nouveau. Il attend les décisions du gouvernement qui devraient inter venir[7] d'ici la fin de semaine ou le début de semaine prochaine », a expliqué à l'AFP Daniel Dreger (CGT[8]).

Des « réponses » d'ici à « la fin du mois »

Le constructeur a annoncé le 7 septembre vouloir[9] transférer la production de locomotives de Belfort à Reichshoffen, une commune alsacienne située à 200 kilomètres, pour ne maintenir[10] dans l'usine fra nc-comtoise que des activités de maintenance.

Le secrétaire d'Etat à l'industrie[11], Christophe Sirugue, a promis aux syndicats des « réponses » d'ici à « la fin du mois » pour sauver[12] Belfort. Mais aucun rendez-vous[13] n'est inscrit, cette semaine, à son agenda. « Un plan alternatif (...) est atteignable, mais il faut encore valider[14] quelques étapes », a affirmé au Monde une source proche du dossier, évoquant les dates des 3 ou 4 octobre et un plan « global » pour les douze sites d'Alstom en France.

Lire l'analyse :   Alstom : l'Etat cherche une solution globale pour sauver le groupe [15]

A sept mois de l'élection présidentielle, l'avenir du site de Belfort est devenu un enjeu politique[16] national, d'autant que l'Etat possède 20 % du capital d'Alstom. François Hollande[17] a fait de son maintien un « objectif », soucieux d'éviter une déflagration similaire à la fermeture des hauts-fourneaux de Flor ange, en Lorraine[18], au début de son quinquennat.

Pour faire[19] revenir[20] Alstom sur sa décision, l'exécutif cherche les moyens d'apporter « des commandes » au groupe et plus globalement de pérenniser[21] la filière ferroviaire française, délaissée depuis plus d'une dizaine d'années par les gouvernements successifs, selon les syndicats. En coulisse, le gouvernement a ainsi mis la pression sur la SNCF[22], priée de conclure[23] au plus vite une négociation avec Alstom pour l'achat de six TGV destinés à la ligne Paris[24]-Turin-Milan.

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