Pour défendre ses frontières, il faut parfois en sortir. Marine Le Pen[1], qui croit en ses chances de l'emporter à la présidentielle[2], sait que se forger une stature internationale contribuera à présidentialiser et crédibiliser son image. La semaine dernière, son équipe rapprochée évoquait auprès de L'Express la volo nté d'organiser une rencontre avec Donald Trump[3] si celui-ci était élu à la Maison blanche. Une perspective également évoquée ce vendredi dans Le Parisien.
Marine Le Pen l'a fait savoir à plusieurs reprises. Si elle était américaine, elle voterait en faveur du candidat républicain [4]avec lequel elle p artage notamment une vision isolationniste du monde. En cas de victoire de Trump en novembre, l'entourage de la candidate frontiste rêve d'une rencontre entre la date de l'élection et celle de son investiture officielle, en janvier. Contactée, l'équipe de campagne de Donald Trump n'avait pas répondu à nos questions à ce sujet vendredi après-midi.
Plusieurs options sont sur la table
Autre objectif esquissé par certains responsables du "Carré": celui d'une rencontre avec Vladimir Poutine[5]. "C'est envisageable", glisse un conseiller qui souligne que le président russe "vient de réorganiser sa garde rapprochée" et que Sergueï Narychkine, jusqu'alors président de la Douma, va prendre la tête du puissant service de renseignement extérieur russe, le SVR. Un mouvement que le FN considère comme favorable alors que Sergueï Narychkine a déjà reçu Marine Le Pen[6] à Moscou et qu'il a déjà salué publiquement les performances électorales [7]du Front en France.
Pour l'instant, aucune décision ne semble définitivement prise et plusieurs options de voyage sont sur la table. Parmi les plus sérieuses, l'Australie dont Marine Le Pen a déjà eu plusieurs fois l'occasion de vanter la politique migratoire[8]. Ce pays intercepte en effet des réfugiés en pleine mer, avant qu'ils n'atteignent les côtes australiennes, et les renvoie dans leur pays d'origine, souvent l'Indonésie. "Ce voyage serait aussi l'occasion de faire un déplacement dans un territoire français d'outre-mer", fait valoir un stratèg e de la campagne, avec la Nouvelle-Calédonie en ligne de mire.
Entre mi-novembre et début janvier
Parmi les autres possibilités actuellement à l'étude, l'Asie tient également la corde. Le Japon, où Bruno Gollnisch, professeur de japonais, entretient de nombreux contacts, la Chine, Singapour et l'Inde font partie des hypothèses. La Chine parce qu'elle est souvent citée dans les discours de Marine Le Pen comme comme un modèle de "protectionnisme intelligent". Singapour car il s'agit d'un Etat à "grosse croissance" qui dispose de sa propre monnaie. L'Inde car il est l'exemple d'un "monde multipolaire". Enfin, même le Mexique, pays à forte croissance économique, vers lequel retournent vivre certains expatriés aux Etats-Unis, est envisagé.
Bref, Marine Le Pen a l'embarras du choix mais veut s'assurer d'un certain "niveau", au minimum parlementaire voire ministériel, dans ses rencontres sur place. Seule certi tude: le nombre de déplacements sera limité. "La fenêtre de tirs est réduite, entre la mi-novembre quand cesseront ses conventions présidentielles thématiques[9] et janvier lorsque débutera sa campagne sur le terrain", souligne-t-on.
Des déplacements sur le modèle égyptien
Autre évidence: Marine Le Pen entretiendra jusqu'au bout la plus grande discrétion possible sur ses voyages. Dans son équipe, on reconnaît que le déplacement aux Etats-Unis en 2011[10] reste un "mauvais souvenir". Suivie par une nuée d'envoyés spéciaux, la présidente du FN avait vu de nombreux rendez-vous sur place être annulés les uns après les autres, sous le regard des caméras. Le déplacement s'était alors transformé en une véritable course-poursuite[11], au sens propre, entre la candidate du FN à la présidentielle de 2012 et les journalistes.
"Notre modèle est plutôt le voyage en Egypte[12]" de mai 2015 lorsque Marine Le Pen avait rencontré les autorités cairotes dans le plus grand secret. Son activité avait été révélée dans un communiqué du FN[13] après coup.
Un seul déplacement semble d'ores et déjà acquis. En Autriche, en cas d'élection de Norbert Hofer [14]à la présidentielle. Ce candidat du FPÖ, allié au FN à Bruxelles, est le grand favori lors du scrutin du 4 décembre prochain. Un premier scrutin en mai, qui avait vu les écologistes battre sur le fil l'extrême droite, avait été annulé[15] en juillet en raison d'irrégularités.
References
- ^ Marine Le Pen (www.lexpress.fr)
- ^ présidentielle (www.lexpress.fr)
- ^ Donald Trump (www.lexpress.fr)
- ^ elle voterait en faveur du candidat républicain (www.lexpress.fr)
- ^ Vladimir Poutine (www.lexpress.fr)
- ^ Sergueï Narychkine a déjà reçu Marine Le Pen (www.lefigaro.fr)
- ^ déjà salué publiquement les performances électorales (lelab.europe1.fr)
- ^ l'occasion de vanter la politique migratoire (www.liberation.fr)
- ^ conventions présidentielles thématiques (www.lefigaro.fr)
- ^ le déplacement aux Etats-Unis en 2011 (www.lexpress.fr)
- ^ course-poursuite (www.lemonde.fr)
- ^ voyage en Egypte (www.lexpress.fr)
- ^ communiqué du FN (www.frontnational.com)
- ^ Norbert Hofer (www.lexpress.fr)
- ^ avait été annulé (www.lexpress.fr)
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