Sabtu, 10 September 2016

Accord laborieux entre Moscou et Washington pour une trêve en Syrie - Le Monde

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John Kerry et Sergueï Lavrov à Genève, le 9 septembre 2016.

Ce compromis fut laborieux et rien ne dit, même s'il sera respecté les premiers jours pour les fêtes de l'Aïd qui débutent lundi 12 septembre, qu'il pourra tenir[1] plus de quelques semaines et permettre[2] de relancer< /a>[3] le processus de paix en Syrie[4]. Aprés une dizaine d'heures de négociations à l'arraché, le secrétaire d'Etat américain John Kerry et son homologue russe Sergueï Lavrov ont réussi à conclure[5] un accord dans la nuit du vendredi 9 au samedi 10 septembre à Genève, qu'ils présentent comme « majeur », discuté dans une demi-douzaine de rencontres[6] depuis la mi-juillet et le voyage[7] du chef de la diplomatie[8] américaine à Moscou.

Le texte prévoit notamment une trêve nationale à compter[9] de lundi et, si cet arrêt des combats tient pendant sept jours, des corridors sûrs pour les opérations humanitaires ainsi que des actions coordonnées contre des groupes islamistes au travers d'un « centre[10] de commandement c ommun », consacré notamment au partage d'informations permettant de délimiter[11] les territoires de l'ex-Front Al-Nosra et ceux de l'opposition.

Lire aussi :   La multiplication des groupes armés rend fragile le cessez-le-feu en Syrie [12]

« Nous appelons tous les acteurs syriens à soutenir[13] le plan auxquels sont parvenus les Etats-Unis et la Russie[14], pour (…) mettre[15] un terme le plus vite possible à ce conflit catastrophique par un processus politique[16] », a lancé John Kerry. Son homologue russe a déclaré qu'en dépit d'une méfiance persistante, les deux camps ont mis au point cinq documents permettant un combat coordonné contre le terrorisme et une reprise de la trêve de février sous une forme améliorée. Ces textes d'un commun accord resteront confidentiels. «� �Cela crée les conditions nécessaires pour la reprise du processus politique[17] qui est à l'arrêt depuis longtemps », a précisé M. Lavrov, tout en reconnaissant qu'il n'est pas en mesure de garantir[18] « à 100 % » la réussite de ce nouveau plan.

Difficile, sans en connaître[19] tous les détails, d'évaluer la teneur des engagements pris par les deux pays coparrains du processus de paix lancé à l'automne 2015, et soutenant des camps adverses dans le conflit. Il y a notamment la question cruciale du mécanisme de contrôle de l'arrêt des combats. « Le risque est que cet accord reste seulement sur le papier », mettait en garde Paris [20] avant même la conclusions des discussions[21].

« Cela devrait mettre fin aux bombes-barils »

La « cessation des hostilités » entrée en vigueur le 27 février, qui avait permis le démarrage des discussions à Genève, n'avait pas tenu plus d'un mois. L'opposition réunie dans le Haut Conseil des Négociations (HCN) avait décidé de quitter[22] la table en dénonçant la poursuite du carnage : l'aviation du régime avait en effet continué ses bombardements sur les civils des zones rebelles et les Russes leurs frappes massives contre toutes les formations de l'opposition, y compris celles soutenues par les Occidentaux et les capitales arabes.

« Le gouvernement Obama, les Etats-Unis, font un pas en avant car nous pensons que la Russie et mon collègue [Sergueï Lavrov] ont la capacité de faire[23] pression sur le régime d'Assad pour mettre fin au conflit et venir[24] à la table des négociations pour faire la paix », veut croire[25] M. Kerry, précisant que le « fondement » de l'accord résidait dans la promesse du régime de s'abstenir de frappes aériennes sur les zones rebelles, même sous le prétexte de viser[26] les djihadistes de l'ancien Front Al-Nosra. « Cela devrait mettre fin aux bombes-barils, fin aux bombardements sans discernement, et cela peut potentiellement changer[27] la nature du conflit », espère le chef de la diplomatie américaine, qui invite les combattants de l'opposition modérée à se séparer[28] des groupes djihadistes, faute de quoi ils pourront être[29] la cible de frappes ultérieures.

Lire l'entretien avec le responsable de l'ONU pour les droits de l'homme :   « En Irak ou ailleurs, les communautés sunnites font partie de la solution » [30]

De nombreux doutes demeurent alors que Paris et la plupart des pays du groupe dit des « affinitaires » – Etats occidentaux, dont les Etats-Unis, et capitales arabo-musulmanes engagées dès le début dans le soutien à la révolution syrienne –, qui était réuni à Londres le 7 septembre, insistent sur la nécessité d'un « accord robuste ».

Pour des raisons différentes, Washington autant que Moscou voulaient arriver[31] à des résultats rapidement. L'administration Obama, dont le bilan sur la Syrie s'avère pour le moins modeste, voulait pouvoir[32] brandir[33] ce plan à l'assemblée générale des Nations unies, à New York, qui commence le 20 septembre. Le Kremlin, qui avait lancé en septembre 2015 son intervention militaire en Syrie, a ainsi réussi ainsi à retrouver[ 34] un rôle majeur au Moyen-Orient. La région sert de point focal pour un retour en grand de la Russie sur la scène internationale, et le pays redevient ainsi, comme avant l'effondrement de l'URSS, l'interlocuteur direct des Etats-Unis. Vladimir Poutine semble néanmoins également conscient des risques de s'enliser dans le bourbier syrien.

« La Russie assume son rôle de belligérant »

Mais s'il cherche une sortie de crise, il n'a pas la même urgence que M. Obama. D'où le caractère déséquilibré de ces négociations. « La Russie assume pleinement son rôle de belligérant soutenant militairement le régime contre tous ses opposants, alors que les Etats-Unis veulent être des médiateurs centrant tout sur la lutte contre l'organisation Etat islamique[35] et Al-Qaida[36] », souligne un diplomate occidental. Pour Washington, en outre, le dossier crucial est celui de l'Irak[37] plus que la Syrie. Et nombre de capitales comme l'opposition syrienne s'irritent d'une certaine ingénuité de John Kerry, trop souvent enclin à accepter[38] des compromis bancals. « On n'arrive pas à une négociation en disant : "je veux un accord à tout prix", même si on le pense », soupire un diplomate français. Un point de vue que partage nombre de diplomates du département d'Etat, agacés de ces incessants face-à-face[39] avec M. Lavrov, qui jusqu'ici n'avaient donné aucun résultat.

S'ils saluent l'accord, avec ses inconnues, tous restent prudents, à commencer[40] par l'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan De Mistura, qui espère que « la volonté politique qui a mené à cet accord sera durable ». Même s'il tient, le plus dur commence : relancer à Genève les négociations de paix alors même que Moscou tient à garantir la survie du régime, et, faute d'alternative crédible au maintien de Bachar Al-Assad au pouvoir, que l'opposition syrienne exige son départ immédiat et que les Occidentaux continuent de rappeler[41] « qu'il ne peut en aucun cas incarner[42] l'avenir de la Syrie » même s'ils sont désormais résignés à ce qu'il reste en fonction au début du processus.

References

  1. ^ Conjugaison du verbe tenir (conjugaison.lemonde.fr)
  2. ^ Conjugaison du verbe permettre (conjugaison.lemonde.fr)
  3. ^ Conjugaison du verbe relancer (conjugaison.lemonde.fr)
  4. ^ Toute l'actualité Syrie (www.lemonde.fr)
  5. ^ Conjugaison du verbe conclure (conjugaison.lemonde.fr)
  6. ^ Toute l'actualité rencontres (www.lemonde.fr)
  7. ^ Toute l'actualité voyage (www.lemonde.fr)
  8. ^ Toute l'actualité diplomatie (www.lemonde.fr)
  9. ^ Conjugaison du verbe compter (conjugaison.lemonde.fr)
  10. ^ Toute l'actualité centre (www.lemonde.fr)
  11. ^ Conjugaison du verbe délimiter (conjugaison.lemonde.fr)
  12. ^ La multiplication des groupes armés rend fragile le cessez-le-feu en Syrie (www.lemonde.fr)
  13. ^ Conjugaison du verbe soutenir (conjugaison.lemonde.fr)
  14. ^ Toute l'actualité Russie (www.lemonde.fr)
  15. ^ Conjugaison du verbe mettre (conjugaison.lemonde.fr)
  16. ^ Toute l'actualité politique (www.lemonde.fr)
  17. ^ Toute l'actualité politique (www.lemonde.fr)
  18. ^ Conjugaison du verbe garantir (conjugaison.lemonde.fr)
  19. ^ Conjugaison du verbe connaître (conjugaison.lemonde.fr)
  20. ^ Toute l'actualité Paris (www.lemonde.fr)
  21. ^ Toute l'actualité discussions (www.lemonde.fr)
  22. ^ Conjugaison du verbe quitter (conjugaison.lemonde.fr)
  23. ^ Conjugaison du verbe faire (conjugaison.lemonde.fr)
  24. ^ Conjugaison du verbe venir (conjugaison.lemonde.fr)
  25. ^ Conjugaison du verbe croire (conjugaison.lemonde.fr)
  26. ^ Conjugaison du verbe viser (conjugaison.lemonde.fr)
  27. ^ Conjugaison du verbe changer (conjugaison.lemonde.fr)
  28. ^ Conjugaison du verbe séparer (conjugaison.lemonde.fr)
  29. ^ Conjugaison du verbe être (conjugaison.lemonde.fr)
  30. ^ « En Irak ou ailleurs, les communautés sunnites font partie de la solution » (www.lemonde.fr)
  31. ^ Conjugaison du verbe arriver (conjugaison.lemonde.fr)
  32. ^ Conjugaison du verbe pouvoir (conjugaison.lemonde.fr)
  33. ^ Conjugaison du verbe brandir (conjugaison.lemonde.fr)
  34. ^ Conjugaison du verbe retrouver (conjugaison.lemonde.fr)
  35. ^ Toute l'actualité Etat islamique (www.lemonde.fr)
  36. ^ Toute l'actualité Al-Qaida (www.lemonde.fr)
  37. ^ Toute l'actualité Irak (www.lemonde.fr)
  38. ^ Conjugaison du verbe accepter (conjugaison.lemonde.fr)
  39. ^ Toute l'actualité face-à-face (www.lemonde.fr)
  40. ^ Conjugaison du verbe commencer (conjugaison.lemonde.fr)
  41. ^ Conjugaison du verbe rappeler (conjugaison.lemonde.fr)
  42. ^ Conjugaison du verbe incarner (conjugaison.lemonde.fr)

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