La fermeture du site Alstom de Belfort[1] tourne au bras de fer entre le gouvernement et le groupe. Alors que François Hollande[2] a affirmé, mardi 13 septembre, que « tout sera fait pour que le site de Belfort soit pérennisé [pour] plusieurs années », le premier ministre Manuel Valls a déclaré qu'il était « hors de question que le site de Belfort ferme ». La semaine dernière, le groupe a annoncé son intention de transférer[3] sa production de locomotives de Belfort à Reichshoffen (Bas-Rhin) d'ici 2018.
« Ils peuvent avoir[4] confiance dans l'action du gouvernement pour pérenniser[5] le site, l'emploi[6] et l'avenir d'Alstom. Nous travaillons sur la commande publique. (...) Cela demande encore quelques jours, quelques semaines, pour certains quelques mois avant de les finaliser[7]. »
Voir aussi notre direct politique : Vidalies évoque cinq projets pour sauver le site Alstom de Belfort [8]
Ces solutions avancées par M. Valls ont été précisées, plus tôt dans la journée, par son secrétaire d'Etat aux transports, Alain Vidalies. Selon lui, le site de Belfort « ne sera en difficulté que dans deux ans […] avec un trou de commandes qui va de 2018 à 2022 ». Il a donc listé cinq dossiers visant à remédier au manque de commandes, dont trois pouvant « se concrétiser[11] rapidement ». [9][10]
- Le levier SNCF[12]. Le premier concerne une « négociation directe » entre la Société nationale des chemins de fer (SNCF) et Alstom sur un train de la SNCF assurant la liaison Paris-Turin-Milan. « Nous [l'Etat], on est la SNCF, il y a des discussions[14] sur le prix, c'est bien normal, on y travaille et j'espère que ça va aboutir[15]. » [13]
- Le levier RATP. La deuxième commande potentielle pourrait venir[16] de la Régie autonome des transports parisiens (RATP) « pour des petites machines, des locomotives, pour faire[17] des travaux ».
- Les trains régionaux. Sur le troisième dossier, Alain Vidalies confirme que l'Etat entend commander au groupe Alstom trente rames pour des trains régionaux et Intercités. Cette commande sollicite l'ensemble du groupe Alstom, et pas uniquement son site de Belfort. « Mais sur un groupe de 9 000 [salariés en France[19]], à partir[20] du moment où on amène des commandes au groupe, on peut aussi discuter[21] de la répartition de l'effort. »[18]
Deux autres pistes ont été avancées par le secrétaire d'Etat aux transports.
- Le STIF. L'une pourrait correspondre[22] au « plus grand appel d'offres qui ait jamais existé, 3,5 milliards d'euros lancé par le Syndicat des transports d'Ile-de-France [STIF], dont on attend la réponse. Si la réponse devait être[23] en tout ou partie favorable à Alstom, on peut penser[24] qu'une partie, au moins pour l'"engineering" [ingénierie], pourrait être affectée à Belfort. C'est le message qui est envoyé aujourd'hui par le gouvernement, à la fois à Alstom et à ceux qui décident du marché, en l'occurrence l'Ile-de-France [25] ».
- Appel d'offres. Enfin, cinquième et dernière proposition de M. Vidalies pour, selon lui, « sauver le site de Belfort », conformément à « la lettre de mission qu'a donnée le président » de la République, François Hollande : « Je vais bien lancer[26] en fin d'année pour un milliard [d'euros] un appel d'offres pour des trains d'équilibre du territoire pour les lignes structurantes.� �»
Lire aussi : Que peut faire l'Etat pour sauver Alstom ? [27]
« Avenir impossible », selon le patron d'Alstom
Malgré tout, le patron d'Alstom, Henri Poupart-Lafarge, a semblé écarter[28] tous les scénarios évoqués. La pénurie de commandes rend « aujourd'hui impossible […] un avenir[29] pérenne pour les activités du site de Belfort », affirme-t-il dans un message aux salariés du groupe, dont l'Agence France-Presse a obtenu copie mardi matin. « Nous avons maintenu une production à Belfort aussi longtemps que nous l'avons pu », assure-t-il, ajoutant avoir « alerté les pouvoir[30] publics sur cette situation depuis plusieurs mois ».
A l'occasion de sa conférence de presse mensuelle, Pierre Gattaz s'est joint à la voix d'Henri Poupart-Lafarge. « Je suis choqué de voir[31] les cris d'orfraie sur le sujet », a déclaré le président du Mouvement des entreprises de France (Medef). « Je crois savoir[33] qu'Alstom, notamment à Belfort, a tiré la sonnette d'alarme depuis des années », poursuit le dirigeant, qui qualifie la position de l'Etat de « posture », de « jeu de rôle », de « comédie ». [32]
Ces affirmations ont toutefois été rejetées par Christophe Sirugue, secrétaire d'Etat à l'industrie. Il a assuré sur LCI que l'Etat n'avait pas été « informé du tout » de la volonté d'Alstom d'arrêter la production ferroviaire sur son site de Belfort, et qu'il s'agissait là d'une « faute ».[34]
Lire aussi : L'Etat cherche une voie de secours pour l'usine Alstom de Belfort [35]
Mobilisation à Belfort et à Paris
Lundi 12 septembre au soir, plusieurs centaines de personnes ont manifesté contre la fermeture de l'usine de Belfort, accordant peu de foi aux promesses du gouvernement de sauver[36] les 400 emplois menacés. Outre le maire (LR) Damien Meslot, qui a rencontré lundi soir le secrétaire d'Etat à l'industrie, Christophe Sirugue, trois anciens élus municipaux ont lancé un « mouvement citoyen », baptisé « La Locomotive », dont l'objectif est « qu'Alstom reste sur Belfort », a dit à l'Agence France-Presse l'ex-premier adjoint de la ville Bruno Kern. Sur Internet, une pétition lancée par plusieurs élus demandant le maintien de tous les emplois avait dépassé lundi soir les 6 200 signatures.
Mardi, les syndicats d'Alstom Belfort doivent être reçus par Christophe Sirugue à 14 heures. Le maire de Belfort et des élus de la région seront eux reçus par Henri Poupart-Lafarge au siège du groupe, à Saint-Ouen.
Prochaines étapes : un rassemblement est prévu mercredi devant la mairie pendant un conseil municipal extraordinaire ; et jeudi matin, la manifestation contre la loi travail[37] prendra à Belfort des accents de bataille pour Alstom.
Lire aussi : Pour les ouvriers Alstom de Belfort, « c'est un gros coup de massue » [38]
References
- ^ Toute l'actualité Belfort (www.lemonde.fr)
- ^ Toute l'actualité François Hollande (www.lemonde.fr)
- ^ Conjugaison du verbe transférer (conjugaison.lemonde.fr)
- ^ Conjugaison du verbe avoir (conjugaison.lemonde.fr)
- ^ Conjugaison du verbe pérenniser (conjugaison.lemonde.fr)
- ^ Toute l'actualité emploi (www.lemonde.fr)
- ^ Conjugaison du verbe finaliser (conjugaison.lemonde.fr)
- ^ direct politique : Vidalies évoque cinq projets pour sauver le site Alstom de Belfort
(www.lemonde.fr) - ^ Toute l'actualité transports (www.lemonde.fr)
- ^ Conjugaison du verbe remédier (conjugaison.lemonde.fr)
- ^ Conjugaison du verbe concrétiser (conjugaison.lemonde.fr)
- ^ Toute l'actualité SNCF (www.lemonde.fr)
- ^ Toute l'actualité Paris (www.lemonde.fr)
- ^ Toute l'actualité discussions (www.lemonde.fr)
- ^ Conjugaison du verbe aboutir (conjugaison.lemonde.fr)
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- ^ Conjugaison du verbe faire (conjugaison.lemonde.fr)
- ^ Conjugaison du verbe commander (conjugaison.lemonde.fr)
- ^ Toute l'actualité France (www.lemonde.fr)
- ^ Conjugaison du verbe partir (conjugaison.lemonde.fr)
- ^ Conjugaison du verbe discuter (conjugaison.lemonde.fr)
- ^ Conjugaison du verbe correspondre (conjugaison.lemonde.fr)
- ^ Conjugaison du verbe être (conjugaison.lemonde.fr)
- ^ Conjugaison du verbe penser (conjugaison.lemonde.fr)
- ^ Toute l'actualité Ile-de-France (www.lemonde.fr)
- ^ Conjugaison du verbe lancer (conjugaison.lemonde.fr)
- ^ Que peut faire l'Etat pour sauver Alstom ? (www.lemonde.fr)
- ^ Conjugaison du verbe écarter (conjugaison.lemonde.fr)
- ^ Conjugaison du verbe avenir (conjugaison.lemonde.fr)
- ^ Conjugaison du verbe pouvoir (conjugaison.lemonde.fr)
- ^ Conjugaison du verbe voir (conjugaison.lemonde.fr)
- ^ Toute l'actualité entreprises (www.lemonde.fr)
- ^ Conjugaison du verbe savoir (conjugaison.lemonde.fr)
- ^ Toute l'actualité industrie (www.lemonde.fr)
- ^ L'Etat cherche une voie de secours pour l'usine Alstom de Belfort (www.lemonde.fr)
- ^ Conjugaison du verbe sauver (conjugaison.lemonde.fr)
- ^ Toute l'actualité loi travail (www.lemonde.fr)
- ^ Pour les ouvriers Alstom de Belfort, « c'est un gros coup de massue » (www.lemonde.fr)
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