« Moi, je dis ce que je veux. » Martine Au bry a prévenu, samedi 17 septembre, depuis ses terres lilloises : d'ici à la présidentielle, elle distribuera les bons et les mauvais points au sein de son propre camp. L'ancienne première secrétaire du PS est sortie de son silence à l'occasion de la première « université de l'engagement » organisée en région par la rue de Solférino pour remplacer[1] l'université d'été de Nantes[2] annulée fin août.
Sur place, dans cette fédération du Nord traumatisée par le sabordage contraint du PS pour éviter[3] une victoire du Front national[4] aux élections régionales de décembre 2015, l'événement est à l'image de l'état du parti en cette fin du quinquennat : peu mobilisat eur et refermé sur lui-même. Dans la journée, les ateliers[5] thématiques où interviennent différents membres du gouvernement sont fermés à la presse; et le meeting de clôture, monté dans la salle communale du Parc, réunit quelque 300 militants massés au centre[6] de l'immense gymnase et cernés par des tribunes[7] vides. Il est loin le temps où Martine Aubry, alors patronne des socialistes, rêvait d'« ouvrir les portes et les fenêtres » du PS...
Ceux qui espéraient que la maire de Lille[8] dise samedi sa préférence pour un candidat à la future primaire de janvier, ont été déçus. « Ce n'est pas le temps des soutiens, mais celui des idées[9] et des projets », a-t-elle prévenu. Certes, l'ancienne candidate à la primaire de 2011 n'a « pas envie de vivre[10] un nouveau 21 avril » et regrette « les candidatures qui se multiplient », mais il est trop tôt pour qu'elle donne un nom.
François Hollande plutôt épargné
Pas question pour elle de confirmer[11] qu'elle s'apprête à soutenir[12] François Hollande[13], alors que plusieurs proches du chef de l'Etat et plusieurs dirigeants socialistes font état, en privé, d'un rapprochement entre les anciens adversaires de 2011. « À ceux qui parlent au nom des autres et en mon nom, je dis ''mettez-vous[14] au boulot les gars, il reste beaucoup à faire!'' », a lancé Martine Aubry.
Il n'empêche, le président de la République a été plutôt épargné par les flèches de la maire de Lille pendant son discours d'une trentaine de minutes. Martine Aubry a notamment salué « le courage de François Hollande » pour avoir[15] engagé l'armée[16] française « au < a class="lien_interne rub" href="http://www.lemonde.fr/mali/" title="Toute l'actualité Mali" style="color: inherit; text-decoration: none;" name="readabilityLink-17">Mali[17], en Syrie[18] et en Irak[19] ». Par ailleurs, « le pr ésident de la République, le gouvernement et le ministre de l'intérieur ont su relever[20] le défi terroriste, en maintenant l'autorité de l'Etat tout en préservant les libertés publiques ».
Au chapitre régalien, rien à redire[21] donc contre le chef de l'Etat. En revanche, « la déchéance de nationalité a été une profonde erreur », a répété Martine Aubry. Sans surprise, elle a également rappelé ses divergences avec la politique[22] économique de l'exécutif. « Je ne vais pas rouvrir[23] le débat, mais on aurait pu faire[24] mieux sur le chômage », a-t-elle déclaré, regrettant les 40 milliards d'euros accordés « sans contreparties » aux entr eprises[25] dans le cadre du pacte de responsabilité, alors qu'une partie aurait été « mieux utilisée pour relancer[26] l'investissement et le pouvoir[27] d'achat ». La critique est là, mais le ton est nettement moins cinglant que dans la tribune - « Trop, c'est trop! » - que la dirigeante socialiste avait publiée dans Le Monde du 25 février.
En gardienne du temple socialiste
Si elle préserve François Hollande, Martine Aubry ne retient pas ses coups contre ses deux têtes de turc à gauche, Manuel Valls[28] et Emmanuel Macron. « Certains parlent de deux gauches irréconciliables, mais moi je ne les ai jamais rencontrées. Moi ça me choque, ça me blesse quand on dit cela, moi je serai toujours inlassablement une militante du rassemblement de la gauche », déclare-t-elle sous les applaudissements, en direction du premier ministre dont elle ne cite jamais le nom. L'ancien ministre de l'économie, lui, a droit à un « Macron » sec et militaire. « Je voudrais dire[29] à Macron que la modernité, ce n'est pas de casser[30] les protections des salariés, mais d'en inventer[31] de nouvelles », lâche-t-elle.
François Hollande est prévenu : s'il veut, dans les prochains mois, obtenir[32] le ralliement de Martine Aubry, il va devoir[33] donner des preuves d'amour[34]. « Ce n'est pas � � moi d'ouvrir le projet[35] » du candidat à la présidentielle, explique la maire de Lille, mais elle entend quand même y glisser[36] plusieurs doléances. « Il faudra avoir un débat sur la croissance », liste-t-elle, évoquant « une relance de l'investissement publi c et privé » et le recours à des « emplois aidés si nécessaire ». « Il faudra faire la réforme fiscale », ajoute-t-elle, réactivant la promesse de 2012 d'une fusion de l'impôt sur le revenu[37] et de la CSG. Surtout, « à rebours de la loi El Khomri et du travail[38] du dimanche, la protection des sa lariés doit redevenir[39] un fil rouge des socialistes », prévient-elle. Si le chef de l'Etat veut son soutien, il devra en somme promettre[40] en 2017 tout l'inverse de ce qu'il a fait depuis 2 012 en matière économique et sociale.
A huit mois de la présidentielle, la maire de Lille se pose donc en gardienne du temple socialiste. Quand plusieurs au gouvernement, Manuel Valls le premier, rêvent d'une recomposition de la gauche vers le centre, elle répond que « l'avenir de la gauche est à gauche ». Une manière pour elle de préparer[41] déjà l'après 2017, anticipant la bataille idéologique entre socialistes qui s'annonce. Samedi, à Lomme, Martine Aubry a usé en somme du dernier pouvoir qui lui reste au PS : un pouvoir de dissuasion.
References
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- ^ Conjugaison du verbe rouvrir (conjugaison.lemonde.fr)
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^Conjugaison du verbe obtenir (conjugaison.lemonde.fr)- ^ Conjugaison du verbe devoir (conjugaison.lemonde.fr)
- ^ Toute l'actualité amour (www.lemonde.fr)
- ^ Toute l'actualité projet (www.lemonde.fr)
- ^ Conjugaison du verbe glisser (conjugaison.lemonde.fr)
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- ^ Toute l'actualité travail (www.lemonde.fr)
- ^ Conjugaison du verbe redevenir (conjugaison.lemonde.fr)
- ^ Conjugaison du verbe promettre (conjugaison.lemonde.fr)
- ^ Conjugaison du verbe préparer (conjugaison.lemonde.fr)
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