Moins de quinze jours après la destitution de Dilma Rousseff, les affaires se compliquent pour son mentor politique[1]. Le parquet brésilien a demandé, mercredi 14 septembre, la mise en examen de l'ex-président Luiz Inácio « Lula » da Silva (2003-2010). Le ministère public allègue qu'il était le « chef suprême » du réseau de corruption dans le scandale Petrobras.
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« Lula se trouvait en haut de la pyramide et, sans son pouvoir[3] de décision, ce réseau de corruption aurait été impossible », au sein du géant public pétrolier, a fait valoir[4] le procureur Deltan Da llagnol au cours d'une conférence de presse à Curitiba, dans l'Etat du Paraná, dans le sud du pays. Des accusations qualifiées de « farce » par la défense[5] de l'ex chef de l'Etat. S'exprimant depuis Sao Paulo, son avocat, Cristiano Zanin Marins, a estimé que l'accusation, qui manque de preuves, s'était « perdue dans un déplorable spectacle ».
3,7 millions de réais de « pots-de-vin »
Le procureur a transmis au juge Sergio Moro[6], le dossier d'inculpation de Lula pour corruption et blanchiment d'argent. C'est à ce magistrat, chargé du dossier sur les enquêtes[7] de l'opération « Lava Jato » (« lavage express »), portant sur le scandale Petrobras, qu'il revient de décider[8] s'il accepte ou non la mise en examen de l'icône de la gauche brésilienne, âgée de 70 ans.
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Deltan Dallagnol a souligné que le réseau de corruption ne se limitait pas au géant pétrolier, mais touchait sa filiale Eletrobras, les ministères de la planification et de la santé, la banque d'Etat Caixa Econômica et probablement d'autres organismes publics.
Il a affirmé que dans le cadre de cette affaire, Lula avait reçu quelque 3,7 millions de réais (988 500 euros environ) sous forme de « pots-de-vin » versés par l'entreprise de BTP OAS. Celle-ci est l'une des principales firmes impliquées dans ce dossier. Elle aurait octroyé des avantages en nature à l'ancien chef de l'Etat par le biais, entre autres, de travaux en vue de refaire un triplex.
L'ex président a toujours rejeté les accusations à son encontre, affirmant notamment ne jamais avoir[10] été propriétaire de cet appartement. Mercredi, il a précisé sur sa page Facebook[11] qu'il s'était rendu « une fois » dans ce logement[12] de Guaruja, sur le littoral de Sao Paulo, quand il avait envisagé de l'acheter. Dans un communiqué, l'institut Lula a de son côté rendu publics des documents qui selon lui « démontent cette farce ». Son épouse, Maria Leticia, et cinq autres personnes dont Leo Pinheiro, l'ancien patron d'OAS, font également l'objet d'une inculpation.
Visé par trois enquêtes dans ce dossier
Lula est visé par trois enquêtes dans le cadre du scandale Petrobras, une affaire qui a coûté plus de deux milliards de dollars (près de 1,7 milliard d'euros) à la compagnie phare du Brésil[13] et a bénéficié à des dizaines d'hommes politiques de divers partis, à des entrepreneurs du BTP et à des directeurs du géant pétrolier. Il avait déjà été inculpé le 29 juillet de tentative d'entrave à la justice[14]. C'était la première fois que l'emblématique ancien chef de l'Etat était appelé à rendre[15] des comptes devant un tribunal en liaison avec cette affaire.
Lire aussi : L'élite politique brésilienne mouillée dans le scandale Petrobras [16]
Le 26 août, la police brésilienne avait formulé à son encontre, des accusations de corruption passive et de blanchiment d'argent[17], en plein procès[18] en destitution au Sénat de sa dauphine politique[19] Dilma Rousseff. Ses avocats avaient alors dénoncé une inculpation « politique », ne croyant pas à une « coïncidence ».
Lire aussi : Comprendre la chute de Dilma Rousseff en 9 épisodes [20]
Si Lula était condamné, il ne pourrait plus aspirer[21] à se présenter[22] à un troisième mandat en 2018. Fin juillet, il avait déposé une requête auprès du Comité des droits de l'homme des Natio ns unies à Genève contre les « abus de pouvoir » dont il se disait victime. Ses ennuis judiciaires représentent un nouveau coup dur pour la gauche brésilienne, après la chute de Mme Rousseff pour maquillage des comptes publics, remplacée par son ancien vice-président Michel Temer, l'homme fort du PMDB (centre[23] droit).
Lire aussi : Au Brésil, la descente aux enfers du Parti des travailleurs [24]
References
- ^ Toute l'actualité politique (www.lemonde.fr)
- ^ Petrobras, le scandale qui éclabousse le Brésil (www.lemonde.fr)
- ^ Conjugaison du verbe pouvoir (conjugaison.lemonde.fr)
- ^ Conjugaison du verbe valoir (conjugaison.lemonde.fr)
- ^ Toute l'actualité défense (www.lemonde.fr)
- ^ juge Sergio Moro (www.lemonde.fr)
- ^ Toute l'actualité enquêtes (www.lemonde.fr)
- ^ Conjugaison du verbe décider (conjugaison.lemonde.fr)
- ^ Le juge Moro, ennemi juré de Lula, idole des Brésiliens (www.lemonde.fr)
- ^ Conjugaison du verbe avoir (conjugaison.lemonde.fr)
- ^ Toute l'actualité Facebook (www.lemonde.fr)
- ^ Toute l'actualité logement (www.lemonde.fr)
- ^ Toute l'actualité Brésil (www.lemonde.fr)
- ^ Toute l'actualité justice (www.lemonde.fr)
- ^ Conjugaison du verbe rendre (conjugaison.lemonde.fr)
- ^ L'élite politique brésilienne mouillée dans le scandale Petrobras (www.lemonde.fr)
- ^ Le 26 août, la police brésilie nne avait formulé à son encontre, des accusations de corruption passive et de blanchiment d'argent (www.lemonde.fr)
- ^ Toute l'actualité procès (www.lemonde.fr)
- ^ Toute l'actualité politique (www.lemonde.fr)
- ^ Comprendre la chute de Dilma Rousseff en 9 épisodes (www.lemonde.fr)
- ^ Conjugaison du verbe aspirer (conjugaison.lemonde.fr)
- ^ Conjugaison du verbe présenter (conjugaison.lemonde.fr)
- ^ Toute l'actualité centre (www.lemonde.fr)
- ^ Au Brésil, la descente aux enfers du Parti des travailleurs (www.lemonde.fr)
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