Jumat, 16 September 2016

Un campement de migrants évacué dans le nord de Paris - Le Monde

1 500 Soudanais, Afghans et Erythréens ont été évacués d'un campement à Paris, entre les stations de métro Jaurès et Stalingrad, vendredi 16 septembre.

Soudanais, Afghans et Erythréens s'étaient installés d ans une myriade de tentes et matelas entre l'avenue de Flandres et le quai de Jemmapes, dans les 10e et 19e arrondissements de Paris[1], dans des conditions sanitaires et humaines très dégradées. Ces derniers jours, un certain nombre de familles et d'enfants avaient rejoint le campement de fortune, surtout du côté « afghan ».

L'évacuation, précédée d'un important déploiement policier, avec bouclage de l'avenue de Flandres entre la rue du Maroc[2] et la place de Stalingrad, a débuté vers 7 heures, quand un groupe de femmes et d'enfants a été rassemblé pour monter[3] dans un bus. Une cinquantaine de bus étaien t prévus, selon la préfecture de région, qui menait l'opération avec la préfecture de police[4], l'Office français d'immigration et d'intégration (OFII) et les associations Emmaüs solidarités et France[5] Terre d'Asile. Les migrants doivent être[6] conduits dans des centres d'hébergements en Ile-de-France[7].

« On fera d'autres opérations »

Au moins 1 500 migrants étaient présents au moment de l'évacuation, selon la ministre du logement[8], Emmanuelle Cosse, présente sur place. « Il y a beaucoup de familles avec enfants, plus que d'habitude. Ils vont évidement être pris en charge », a-t-elle déclaré. Interrogée sur l'évacuation de ce campement jugée tardive par certaines associations, la ministre a souligné que « la situation est compliquée », car à chaque « mise à l'abri », il faut « reconstituer des places » pour loger[9] les migrants. Mais en cas de besoin, « on fera d'autres opérations », a-t-elle promis.

Le campement avait déjà été évacué le 17 août, avec près de 700 personnes prises en charge dans des structures d'hébergement. Le 22 juillet, près de 2 500 migrants avaient été mis à l'abri[10] depuis un campement installé sur le boulevard de la Villette, au cours de ce qui constituait la plus importante opération de ce type dans la capitale.

Lire aussi :   La multiplication des camps de migrants, devenus des outils de médiatisation [11]

Des campements régulièrement reconstitués

Depuis juin 2015, les campements se sont régulièrement reconstitués dans les quartiers proches de la plate-forme de France Terre d'asile, où les migrants entament leurs démarches à Paris s'ils veulent demander[12] le statut de réfugié, et de la gare du Nord, alimentés par des flux soutenus en provenance de la Méditerranée et par des allers-retours entre la capitale et Calais[13]. Jusqu'à l'évacuation de vendredi, près de 16 000 offres d'hébergement avaient été faites par les pouvoirs publics.

Lire aussi :   Migrants : à la Halle Pajol à Paris, l'éternel recommencement [14]

Mais les mises à l'abri s'étaient ralenties avec l'été, cédant le pas à des opérations policières de contrôle de la situation administrative visant à « préserver la salubrité et l'ordre public » et « éviter la réimplantation de nouveaux campements », mais vivement dénoncées par les collectifs de soutien.

Pour contrer[15] l'implantation de ces campements indignes, la ville de Paris va ouvrir[16] à la mi-octobre un centre[17] d'accueil humanitaire, chargé de prendre[18] en charge les migrants pendant quelques jours avant de les répartir[19] sur ces structures d'hébergement plus pérennes[20] en régions. Dans ce projet[21], la fluidité du dispositif sera cruciale. Le gouvernement travaille actuellement à créer quelque 12 000 places[22] dans des centres d'accueil et d'orientation (CAO), car il faudra aussi héberger[23] les migrants venus de Calais où la « jungle » doit être démantelée à la même période.

Lire aussi :   Comment sera organisé le camp de migrants qui ouvrira dans le nord de Paris [24]

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