Calais (Pas-de-Calais), le 27 octobre 2016. Des migrants attendent d'être évacués vers des Centres d'accueil et d'orientation après le démantèlement de la «jungle». - PHILIPPE HUGUEN / AFP

La loi de la « jungle [1]» n'a plus cours. Quatre jours après le début des opérations, l'évacuation de la lande de dunes où vivaient entre 6.000 et 8.000 migrants s'est achevée mercredi soir[2], selon les autorités. Place désormais aux agents chargés de démanteler les tentes et les baraques de fortunes enchevêtrées à quelques encablures du port nordiste.

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Si les autorités estiment que certains migrants peuvent encore se trouver sur place, l'essentiel de l'opération est désormais terminé. 20 Minutes dresse le bilan chiffré.

  • Combien de migrants ont été évacués ?

En trois jours, environ 6.000 migrants ont été « mis à l'abri », selon le gouvernement. Environ 4.500 majeurs dans les centres d'accueil et d'orientation (CAO) disséminés sur le territoire[4]. Et 1.500 mineurs abrités dans un bâtiment en dur (lire ci-dessous).

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Dans l'ensemble, il s'agit essentiellement de ressortissants soudanais, afghans et érythréens. C'est un peu moins que le nombre de personnes que l'Etat avait recensées dans la « jungle » avant le début de l'opération, à savoir 6.400. Les associations, elles, estimaient plutôt leur nombre à 8.100.

Selon la Cimade, 90 migrants en situation irrégulière ont d'ores et déjà été arrêtés et placés en centres de rétention[6] en vue de leur éloignement du territoire. L'association craint que cela ne s'intensifie dans les prochains jours.

  • Combien en reste-t-il sur place ?

Difficile à dire. Comme ils l'avaient annoncé à 20 Minutes avant le début du démantèlement, certains migrants ont sans doute préféré se cacher dans les environs de la « jungle »[7] pour continuer à tenter à passer en Angleterre. L'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) a annoncé, ce jeudi, avoir prévu dix bus « en réserve » pour les « gens qui se trouveraient » encore dans les allées du campement alors que le démantèlement physique des tentes et des baraques a débuté.

D'après le Secours catholique et l'association L'Auberge des migrants, entre 2.000 et 3.000 migrants ont fui la « jungle » pour s'installer ailleurs, avant même le début des opérations, et ont continué cette semaine. Ces personnes qui ont fui la « jungle » vont finir « par revenir dans le Calaisis », assure François Guennoc, de L'Auberge des migrants.

Les opérations de démantèlement de la «jungle» ont débuté.
Les opérations de démantèlement de la «jungle» ont débuté. - PHILIPPE HUGUEN / AFP
  • Et les mineurs dans tout ça ?

En marge des opérations de démantèlement, les autorités ont décidé de conserver le Centre d'accueil provisoire (CAP), un bâtiment en dur situé sur la lande, afin d'héberger les mineurs qui se trouveraient sur place[8]. Ceux-ci doivent faire l'objet d'un examen précis afin de savoir s'ils peuvent prétendre à un passage légal outre-Manche en raison de leur « vulnérabilité » ou à la faveur d'un regroupement familial. Le CAP peut héberger 1.500 personnes et il affiche complet depuis mercredi soir. La nuit dernière, environ 200 migrants mineurs ont dormi à l'extérieur, faute de place.

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  • Dans quelles régions de France les migrants évacués ont-ils été accueillis ?

Depuis le début des opérations, les autorités refusent de communiquer sur les lieux d'accueil pour éviter les tensions au niveau local[10]. Tout juste ont-elles confirmé que 450 centres d'accueil et d'orientation étaient dispersés à cet effet sur tout le territoire français à l'exception de l'Ile-de-France, déjà saturée, et de la Corse. L'évacuation des migrants dans ces centres a débuté en novembre 2015 et s'est intensifiée cette semaine avec le démantèlement de la « jungle ». Au total, ce sont plus de 7.000 migrants qui y ont été accueillis, dont 4.500 rien que sur les quatre derniers jours.

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La Cimade, association qui lutte pour les droits des immigrés, a tenté de recenser les informations pour créer une carte des centres d'accueil et d'orientation[12]. Leurs données ne sont bie n sûr pas complètes mais donnent une première idée de la répartition des migrants de la « jungle » de Calais en France aux quatre coins de la France. 20 Minutes les a compilées dans la carte ci-dessous. Survolez chaque région pour découvrir le nombre de migrants accueillis depuis novembre 2015 et le nombre de centres ouverts à cet effet.

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