Alexandre Lacazette et Nabil Fekir en mai 2015. - Franck FIFE/AFP

On peut le prendre par tous les bouts qu'on veut, l'OL joue très probablement sa qualification en 8e de finale en C1, du moins l'idée d'y croire plus longtemps, mardi soir à la maison contre la Juventus. On s'explique : Seville va cartonner Zagreb deux fois de suite[1] (sûr à 99 %), ce qui oblige les Genesio boy's à prendre un point sur les deux matchs contre le leader de Série A pour ne pas être éliminé[2] à la 4e journée des poules. Un exploit plus simple à réaliser au Parc OL qu'au Juventus Stadium, quinze jours plus tard. Voilà quelques raisons d'y croire

Le formidable outil du Parc OL

On dit que les Lyonnais sont des gens sérieux et discrets qui préfèrent rester entre eux. C'est exagéré, mais ce qui est sûr, c'est qu'ils aiment moyennement se déplacer chez les autres[3]. Le bilan rhodanien à l'extérieur depuis le début de saison ? Une seule victoire et aucun but marqué depuis la fin août. C'est bien meilleur dans le confort ouaté du formidable outil sorti de terre l'an passé.

Les Lyonnais sont bien meilleurs à domicile qu'à l'extérieur.
Les Lyonnais sont bien meilleurs à domicile qu'à l'extérieur. - Capture d'écran/olweb

Depuis l'inauguration du Parc OL, Lyon a gagné 11 matchs sur 14, pour une petite défaite contre un Bordeaux dans un stade à moitié vide. C'est tout l'avantage de la nouvelle enceinte : quand l'adversaire est prestigieux, le public répond présent et l'ambiance devient mémorable. Pour la Juve, cela s'annonce bien. Selon RMC, il ne reste qu'un millier de places à vendre.[4]

Genesio est un entraîneur de grands matchs

L'entraineur lyonnais ne jouit pas d'une cote de popularité très élevée[5] chez les siens et certains revers évitables à Dijon, à Lorient où à Nice ont entamé une crédibilité durement acquise en fin de saison dernière. Il faut pourtant reconnaître une qualité importante à Bruno Genesio. C'est un coach de grandes occasions.

>> A lire aussi : Ligue 1: Les cinq clés pour comprendre le match d'anthologie de l'OL face à Monaco[6]

Des exemples ? L'an passé, malgré un onze de départ amoindri par les absences, l'OL est la première équipe à battre le PSG en L1 dans un 4-3-3 très ambitieux, plus ambitieux que les dernières compositions lyonnaises cette saison. Lors de la finale pour la 2e place, il n'y avait pas eu match avec le Mon aco de Jardim,[7] désossé en moins de 20 minutes. On peut ajouter à cette série la victoire dans le derby récemment, ou une entame de Coupe d'Europe très convaincante contre Zagreb qui devrait permettre à l'OL d'être au moins reversée en Ligue Europa. Bref, Genesio a parfois déçu, mais jamais quand ça comptait vraiment. Pourvu que ça continue.

Fekir et Lacazette ensemble, ENFIN

Il va falloir bien en profiter puisque Fekir a trouvé le moyen de se faire exclure quand Lacazette allait revenir de blessure, et que cela devrait lui valoir une suspension pour la prochaine journée de championnat, au minimum. Mais si l'OL peut espérer renverser la table contre l'une des meilleures équipes européennes, cela passera forcément par le retour du duo Fekir-Lacazette.[8][9]

La notion de duo a toute son importance. En août, les deux hommes ont joué ensemble, mais c'était dans un système à trois attaquants qui ne favorisait pas l'entrain défensif discutable[10] de Fekir. Depuis, le gaucher s'est rapproché pas loin du tout du joueur monstrueux qu'il était il y a deux ans dans le fameux losange qui avait porté l'OL aux portes du titre, avec Lacazette et Fekir devant. Cette fois, le collectif est moins souverain et Lacazette peut-être encore un peu juste, mais à son meilleur niveau, ce duo ne vaut pas beaucoup moins qu'Higuain et Dybala, par exemple.

L'OL avait failli le faire il y a deux ans

Nous sommes au printemps 2014, et l'OL, décimé par les blessures, affronte la Juve de Pogba, Pirlo et Tevez en quart de finale de la Ligue Europa, dont la finale doit avoir lieu à Turin. Les chances passent de « très faibles » à « inexistantes » quand on découvre la feuille de match[11] concoctée par Rémi Garde, à base de Bako Koné, de Steed Malbranque, de Jimmy Briand, et d'Arnold Mvuemba, à l'aller comme au retour.

« On se savait capables de titiller ce grand d'Europe. Je n'irai pas jusqu'à dire que nous avons rivalisé avec la Juve[12]. Mais même si certains pensent que les Italiens ont pu gérer leurs matchs, nous avons surpris du monde en jouant notre va-tout », se souviendra le Lorientais pour 20 Minutes. Il n'a pas tort. A l'aller, Lyon, pas vraiment inquiété, avait tenu un 0-0 encourageant jusqu'à la 85e minute et un but de raton de Bonucci, avant de rester longtemps à un petit but de la qualif au retour (1-1 puis 2-1 score final). Avec le recul, on s'autorise à penser que les Italiens[13] avaient un peu tremblé quand même. C'est donc que c'est possible.

Arnold Mvuemba a bien été titularisé à l'aller comme au retour, en avril 2014 face à la Juve. Avouez que c'était une grosse cote au vu de ses quatre saisons à l'OL...
Arnold Mvuemba a bien été titularisé à l'aller comme au retour, en avril 2014 face à la Juve. Avouez que c'était une grosse cote au vu de ses quatre saisons à l'OL... - Laurent Cipriani/AP/SIPA

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