Senin, 31 Oktober 2016

Liban : Michel Aoun élu à la présidence, une victoire par défaut du camp pro-iranien - Le Monde

Le désinvestissement de l'Arabie Saoudite vis à vis du pays du cèdre a facilité l'accession à la fonction suprême de l'ancien général, soutenu par le mouvement chiite Hezbollah.

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Michel Aoun, le 31 octobre à Beyrouth.

Pour autant, l'arrivée de M. Aoun à Baabda, siège de la présidence libanaise, ne signale pas une victoire par KO de « l'axe de la résistance », le surnom que Téhéran et ses partenaires se donnent. Sa contrepartie, sur le papier du moins, est l'accession au poste de premier ministre de Saad Al-Hariri, chef de file du camp sunnite, pro-saoudien et pro-occidental. La perspective d'un retour au pouvoir[2] de cet ennemi intime de M. Assad, qu'il soupçonne d'avoir ordonné l'assassinat de son père, Rafik Al-Hariri, en 2005, n'est pas une bonne nouvelle pour Damas. De nombr eux partisans au Liban du président syrien auraient préféré que la présidence revienne à Sleiman Frangié, petit-fils de Soleimane Frangié (chef de l'Etat dans les années 1970) et intime de M. Assad, qui était en lice contre M. Aoun.

Lire le portrait :   Avec Michel Aoun, le Liban se dote enfin d'un president [3]

L'accession de ce dernier à la magistrature suprême est d'abord le produit d'une décision personnelle de M. Hariri. Après s'y être[4] opposé pendant deux ans et demi, ce dernier, à court d'alternative, s'est résolu à endosser[5] la candidature de l'ancien chef de l'armée[6] libanaise. La volte-face de l'ex-premier ministre, qui va à rebours des intérêts de l'Arabie saoudite[7], persuadée que M. Aoun est un relais de l'influence iranienne dans la région, est motivée par une double urgence : celle de relancer[8] les institutions libanaises, menacées de pourrissement, et celle de faire[9] repartir[10] ses propres affaires.

Des partisans de Michel Aoun, le 31 octobre à Beyrouth.

« Hariri est sur le fil du rasoir, il se fait humilier< sup>[11] par les Saoudiens, qui estiment qu'il n'est pas assez fort face au Hezbollah », explique un ancien diplomate arabe, familier de la scène politique libanaise. Les menaces de banqueroute qui pèsent sur l'entreprise de BTP Saudi Oger, la matrice de l'empire Hariri, autrefois leader du secteur en Arabie saoudite, et la décision de Riyad de suspendre l'accord de livraisons d'armes françaises à l'armée libanaise ont mis en lumière cette désaffection. « Hariri a besoin de revenir[15] au poste de premier ministre pour arrêter[16] sa chute, politique[17] et économique, poursuit la source. C'est pour cela qu'il a décidé de "libaniser" l'élection présidentielle. »[12][13][14]

Riyad, sans donner sa caution à Saad Al-Hariri, n'a pas non plus mis de veto à son cavalier seul. A l'égard du Liban, la monarchie pratique désormais la politique de la bouderie. Signe éloquent, son ambassadeur à Beyrouth a quitté le pays il y a quelques mois, sans faire ses adieux officiels. « Les Saoudiens sont fatigués de traiter[19] avec le camp sunnite libanais, pointe Rami Khoury, chercheur en relations internationales à l'Université américaine de Beyrouth. Ils sont occupés par d'autres théâtres régionaux, comme le Yémen[20] et la Syrie. A l'échelle régionale, le Liban n'est plus aussi important qu'il l'était. C'est devenu un dossier périphérique. »[18]

Le pouvoir iranien est donc le seul à pouvoir se féliciter[21] de l'élection de Michel Aoun. Il remporte une victoire d'étape, par abandon, son adversaire saoudien ayant préféré jeter[22] les gants. « Les Saoudiens n'ont pas gagné, mais attention, ils sont loin d'avoir hissé le drapeau blanc, relève l'ex-diplomate arabe. C'est le facteur Hariri qui a changé l'équation. » La confrontation entre les deux aspirants à la suprématie régionale devrait donc se poursuivre[23], et le Liban risque de conti nuer[24] à en faire les frais. Les regards sont notamment tournés vers le prochain sommet de la Ligue arabe[25], prévu en mars, à Amman. Que dira le nouveau président du pays du Cèdre lorsque la question du Hezbollah, récemment classé « terroriste » par les capitales arabes, viendra au menu des débats[26] ?

References

  1. ^ Benjamin Barthe (www.lemonde.fr)
  2. ^ Conjugaison du verbe pouvoir (conjugaison.lemonde.fr)
  3. ^ Avec Michel Aoun, le Liban se dote enfin d'un president (www.lemonde.fr)
  4. ^ Conjugaison du verbe être (conjugaison.lemonde.fr)
  5. ^ Conjugaison du verbe endosser (conjugaison.lemonde.fr)
  6. ^ Toute l'actualité armée (www.lemonde.fr)
  7. ^ Toute l'actualité Arabie saoudite (www.lemonde.fr)
  8. ^ Conjugaison du verbe relancer (conjugaison.lemonde.fr)
  9. ^ Conjugaison du verbe faire (conjugaison.lemonde.fr)
  10. ^ Conjugaison du verbe repartir (conjugaison.lemonde.fr)
  11. ^ Conjugaison du verbe humilier (conjugaison.lemonde.fr)
  12. ^ Toute l'actualité politique (www.lemonde.fr)
  13. ^ Conjugaison du verbe suspendre (conjugaison.lemonde.fr)
  14. ^ Toute l'actualité arm (www.lemonde.fr)
  15. ^ Conjugaison du verbe revenir (conjugaison.lemonde.fr)
  16. ^ Conjugaison du verbe arrêter (conjugaison.lemonde.fr)
  17. ^ Toute l'actualité politique (www.lemonde.fr)
  18. ^ Conjugaison du verbe donner (conjugaison.lemonde.fr)
  19. ^ Conjug aison du verbe traiter (conjugaison.lemonde.fr)
  20. ^ Toute l'actualité Yémen (www.lemonde.fr)
  21. ^ Conjugaison du verbe féliciter (conjugaison.lemonde.fr)
  22. ^ Conjugaison du verbe jeter (conjugaison.lemonde.fr)
  23. ^ Conjugaison du verbe poursuivre (conjugaison.lemonde.fr)
  24. ^ Conjugaison du verbe continuer (conjugaison.lemonde.fr)
  25. ^ Toute l'actualité Ligue arabe (www.lemonde.fr)
  26. ^ Toute l'actualité débats (www.lemonde.fr)

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