Senin, 24 Oktober 2016

J-15 : Hillary Clinton creuse son avance pour la présidentielle et l'élection au Sénat - Libération

Le sondage

Clinton continue sa percée électorale

Hillary Clinton ne cesse de tacler son adversaire, Donald Trump. Elle l'a qualifié dimanche de «mauvais perdant» pour son refus, lors du débat qui les a opposés mercredi dernier, de s'engager à accepter le résultat de l'élection présidentielle du 8 novembre.

Bien que la candidate continue de creuser son avance par rapport à son adversaire - 12 points de plus selon le dernier sondage ABC News/Washington post[1] publié dimanche - son ardeur à gagner la présidentielle ne baisse pas pour autant. Dimanche, lors d'un meeting à Raleigh, en Caroline du Nord, elle a harangué les électeurs pour qu'ils aillent voter avant les élections, grâce au système d'«early vote». En accroissant son avance dans des "swing states" (états déterminants) comme la Caroline du Nord ou la Floride, la démocrate pourrait éliminer toutes possibilités pour Donald Trump de rattraper son retard à la dernière minute.

Ce week-end, Hillary Clinton a aussi interpellé ses supporters pour qu'ils votent démocrate lors des élections pour le Congrès (Sénat et Chambre des représentants réunis) organisées aussi le 8 novembre.

L'hypothèse

Les démocrates pourraient bien remporter le Sénat… mais pour pas longtemps

Le parti d'Hillary Clinton semble profiter des difficultés de Trump pour prendre de l'avance dans la course électorale pour faire basculer la majorité républicaine au Sénat, le 8 novembre. Selon le site américain Politico[2], l'issue du scrutin ne se jouerait plus que dans six Etats: le Nevada, la Pennsylvanie, le New Hampshire, ainsi qu'en Caroline du Nord, dans la Missouri et dans l'Indiana, trois Etats historiquement républicains. Pour récupérer la majorité au Sénat, perdue en 2014, les démocrates doivent mettre de leur côté quatre sièges supplémentaires. D'après Politico, le Wisconsin et l'Illinois sont acquis aux démocrates. Ils ne leur manque nt plus donc qu'à en obtenir deux supplémentaires.

Si les Républicains ont toutes les chances de perdre leur emprise sur le Sénat le 8 novembre, cela pourrait ne pas durer longtemps, d'après un analyste du Washington post[3]. L'instance est renouvelée au tiers tous les deux ans. Pour la prochaine élection, en 2018, les sièges concernés sont à forte majorité démocrates: 25 contre 8 républicains. Or lors de ces élections de début de mandat, le scrutin est généralement favorable à l'opposition. Si Clinton devient présidente, les démocrates pourraient donc bien voir, deux ans après, basculer leur majorité tout juste récupérée.

L'accusation

Une actrice de films X affirme que Trump lui aurait proposé des relations sexuelles tarifées

Les accusations d'agressions sexuelles contre Donald Trump continuent. C'est au côté de la célèbre avocate des discriminations contre les femmes, Gloria Allred, que Jessica Drake, une actrice porno, a accusé samedi, lors d'une conférence de presse à Los Angeles, le candidat républicain de lui avoir proposé en 2006 une relation sexuelle tarifée. Il lui aurait offert 10 000 dollars (9 000 euros) et la possibilité d'utiliser son jet privé pour le rejoindre dans sa chambre d'hôtel lors d'un tournoi de golf à Lake Tahoe, en Californie. «Cette histoire est ridicule et totalement fausse. M. Trump ne connaît pas cette personne, ne se rappelle pas d'elle et n'a aucun intérêt à la connaître. Ce n'est qu'une nouvelle tentative du camp Clinton de diffamer un candidat qui aujourd'hui arrive en tête dans trois sondages différents», a aussitôt réagi son équipe de campagne.

Jessica Drake est la douzième femme à accuser Donald Trump d'harcèlement ou d'agression sexuelle, depuis la diffusion par le Washington Post d'une vidéo datant de 2005[4] où il déclarait pouvoir faire ce qu'il voulait avec les femmes. Le candidat républicain nie en bloc toutes ces accusations. «Ceci n'est jamais arrivé. Jamais. Toutes ces menteuses seront poursuivies en justice après l'élection», a-t-il lancé lors d'un meeting en Pennsylvanie.

Le reportage

«Si Donald Trump ne gagne pas, le peuple américain fera entendre sa voix»

Une longue file d'attente serpente sur la pelouse du club sportif de Newtown, petite ville de Pennsylvanie où Donald Trump tient un meeting ce vendredi soir. Excités et joyeux, des milliers de partisans du candidat républicain patientent pour passer les contrôles de sécurité. Comme pour un concert de leur star préférée, les plus motivés sont arrivés dès le matin. Ils espèrent qu'une place au premier rang leur garantira une poignée de main, voire un selfie avec celui qui – ils en sont persuadés – sauvera bientôt une Amérique au bord du précipice. «Je m'appelle Matt Fletcher et je pense que Hillary Clinton devrait être en prison et Donald Trump président», balance d'emblée ce supporteur de 49 ans. Fines lunettes ovales, barbichette poivre et sel, et tee-shirt «Hillary for Prison 2016», Matt Fletcher méprise profondément la candidate démocrate – «une criminelle» – et se dit «convaincu» de la v ictoire de Donald Trump.

Le milliardaire vient pourtant de vivre plusieurs semaines catastrophiques. Après la révélation de ses propos sexistes de 2005, une dizaine de femmes l'ont accusé d'abus sexuels. De nombreux républicains l'ont désavoué. Et les sondages le donnent largement battu, tant au niveau national que dans la majorité des Etats cruciaux. «Les sondages sont totalement faux. De nombreux électeurs de Trump n'osent pas le dire mais une fois dans l'isoloir, ils voteront pour lui», assure Wendy Miley, 55 ans, employée dans un magasin de pièces automobiles. Son mari accuse quant à lui les médias de manipuler les sondages, et le peuple américain. «Hormis Fox News et One America News [une chaîne encore plus à droite, ndlr], tous les médias sont biaisés, corrompus et dirigés politiquement par Hillary Clinton», dénonce-t-il.

«Blue Lives Matter»

En grande difficulté, Donald Trump ne cesse d'agiter le spectre d'une «élection truquée» en faveur de Hillary Clinton. Un message auquel adhèrent totalement ses partisans. «Le jour du scrutin, les démocrates vont remplir des bus entiers d'immigrants illégaux et d'habitants des quartiers défavorisés. Ils vont les payer et les transporter pour aller voter dans tous les districts», garantit Matt Fletcher. Répondant à l'appel du candidat républicain, il promet d'être vigilant : «On va repérer les bus, on va les suivre pour s'assurer qu'ils ne transportent pas des tas d'illégaux d'un bureau de vote à l'autre.» Relayées depuis des années par les médias ultraconservateurs, ces accusations de fraude électorale à grande échelle ne reposent sur aucune preuve concrète.

Mais dans une Amérique profondément divisée, de telles rumeurs pourraient suffire, en cas de défaite de Donald Trump, à enflammer ses partisans. «S'il perd, cela voudra tout simplement dire que l'élection est illégitime», assène Mike, 30 ans. Ce père de famille a roulé 230 kilomètres pour voir le candidat républicain. «Grâce à lui, mes enfants et moi serons en sécurité», dit cet installateur de climatiseurs. Et si Hillary Clinton l'emporte ? «A titre personnel, j'accepterai le résultat mais, de toute façon, il y aura bientôt une guerre raciale dans ce pays, quel que soit le vainqueur», prédit ce vétéran. Dans le dos, son tee-shirt porte l'inscription «Blue Lives Matter» en soutien aux policiers américains.

Soulèvement populaire

En matière de théorie du complot, Donald Trump n'est pas novice. Pendant des années, il a accusé Barack Obama de ne pas être américain. En 2012, le magnat de l'immobilier avait rejeté la défaite de Mitt Romney, dénonçant un scrutin «bidon» et appelant à une «révolution». «Cette élection est une farce totale. Nous ne sommes pas une démocratie !» avait-il écrit sur Twitter, assurant que Barack Obama – qui avait cinq millions de voix d'avance – avait perdu le vote populaire. Désormais candidat à la Maison Blanche, Donald Trump conteste à nouveau le processus démocratique. Lors de l'ultime débat présidentiel, il a refusé de s'engager à accepter les résultats de l'élection. Ses propos n'ont pas seulement suscité la colère du camp démocrate et l'embarras de nombreux républicains, ils ont également attisé le déni et le sentiment de persécution dans lequel s'enferment nombre de ses partisans. S ur la vingtaine de fidèles rencontrés vendredi par Libération à Newtown, aucun ne croit à une possible défaite de leur champion. Tous – sans exception – dénoncent un système «truqué». Et certains prédisent un soulèvement populaire en cas d'élection de l'ancienne secrétaire d'Etat.

«Si Donald Trump ne gagne pas, le peuple américain fera entendre sa voix. Je ne sais pas de quelle manière mais je suis sûr que nous serons entendus», estime Ken Poolton. Jusqu'où ce grutier d'une cinquantaine d'années serait-il prêt à aller pour protester ? «La première chose à faire, ce serait que tout le monde arrête de payer ses impôts. Nous, le peuple, contrôlons le gouvernement et non l'inverse. Je crois qu'on devrait aller à Washington et virer tous ces gens. Nous avons peut-être besoin d'une guerre civile, d'une révolution. Il faut espérer qu'elle sera pacifique mais ce ne sera probablement pas le cas», confie-t-il d'une voix calme. Crâne rasé, visage rougi, Ken porte un tee-shirt bleu sans équivoque : «Trump. Finally someone with balls» («Trump. Enfin quelqu'un avec des couilles»). Au niveau de la poitrine, il y a accroché un badge de la NRA, le lobby des armes à feu.

Par Frédéric Autran, correspondant aux Etats-Unis

Le billet d'Amérique

Avec Trump, la politique n'a plus de règles

«Même la guerre a des règles», martelait il y a quelques mois le secrétaire général de l'ONU à propos des hôpitaux bombardés en Syrie. «Même la politique a des règles», serait-on tenté de dire au sujet de la campagne présidentielle américaine, au cours de laquelle les principes élémentaires de civilité semblent avoir été sacrifiés. «Such a nasty women» («quelle femme vicieuse») a par exemple vociféré Donald Trump cette semaine, lors du troisième et ultime débat télévisé avec sa rivale. L'invective se voulait une réponse à une pique d'Hillary Clinton sur le fait que le milliardaire paie peu (voire pas) d'impôts fédéraux. L'utilisation du mot «nasty», jugé particulièrement sexiste, a suscité de vives réactions. Mais pas franchement de surprise, tant les attaques personnelles sont monnaie courante dans cette course à la Maison Blanche de plus en plus indigeste.

Vendredi soir, Donald Trump tenait meeting dans la petite ville de Newtown, dans le nord-est de la Pennsylvanie. En une demi-heure de discours, il a eu le temps de qualifier l'ancienne secrétaire d'Etat de «stupide», de «menteuse» et de «candidate la plus corrompue de l'histoire», pour le plus grand plaisir de ses partisans. Dans la foule, outre l'emblématique casquette rouge «Make America Great Again», beaucoup portaient des T-shirts à l'effigie d'Hillary Clinton : «Hillary en prison», «Fière de détester Hillary» ou encore «La vie est une salope, ne votez pas pour une».

Signe d'une relation glaciale qui s'est encore détériorée ce mois-ci, Donald Trump et Hillary Clinton n'ont échangé que trois poignées de main en autant de débats : deux lors du premier duel fin septembre (avant et après), une seule lors du deuxième (à la fin) et aucune cette semaine lors de leur troisième rendez-vous. Le fait que les nominés des deux grands partis politiques américains ne puissent même pas partager ce geste basique de courtoisie montre à quel point le vainqueur aura des difficultés à réunifier un pays plus polarisé que jamais.

Si de nombreux partisans de Donald Trump, galvanisés par leur champion, ont adopté sa rhétorique anti-Clinton et anti-système, beaucoup de démocrates et certains républicains, à l'inverse, déplorent la violence verbale de cette campagne. Certains affichent même ouvertement leur nostalgie d'une époque révolue. Cette semaine, une lettre laissée en janvier 1993 dans le Bureau ovale par George H.W. Bush à l'attention de son successeur, Bill Clinton, a massivement circulé sur les réseaux sociaux. «Je vous souhaite beaucoup de bonheur ici. Ne laissez pas les critiques vous décourager ou vous faire dérailler», y écrit le président sortant. La dernière phrase de cette lettre manuscrite est sans doute la plus frappante, au regard du contexte actuel : «Vous serez notre président lorsque vous lirez cette lettre. Votre succès est désormais celui de notre pays. Je vous soutiens de toutes mes forces. Bonne chance.» La femme d'affair es pakistanaise qui a publié cette lettre sur Twitter résume : «Il y a très, très longtemps, dans une terre très très éloignée, les hommes et femmes politiques avaient de la grâce.» Pas cette année.

Par Frédéric Autran, correspondant aux Etats-Unis

Le répit 

Clinton et Trump à la même table

L'image peut surprendre. Au lendemain d'un débat d'une rare violence, les deux candidats se sont retrouvés autour d'un dîner de charité organisé au prestigieux Waldorf Astoria, au cœur de Manhattan et réunissant quelque 1 500 invités. A table, ils étaient séparés par le cardinal de New York, Timothy Dolan, qui les a invités à prononcer leurs discours dans «un esprit de collégialité et de bonne humeur».

C'est donc avec humour que les candidats se sont prêtés à l'exercice. «Michelle Obama fait un discours, et tout le monde l'adore. Ma femme, Melania, fait exactement le même et tout le monde lui tombe dessus. Je ne comprends pas…» a ironisé le candidat républicain. «Vous avez de la chance, d'habitude je demande beaucoup d'argent pour ce genre de discours», a à son tour tenté Hillary Clinton, en référence aux révélations de WikiLeaks[5] sur trois discours que la démocrate s'était fait rémunérer par la banque Goldman Sachs. Le dîner s'est achevé par une brève poignée de main, un geste que les deux candidats n'avaient pas eu lors des deux derniers débats présidentiels.

La phrase

Donald Trump acceptera le résultat de l'élection s'il gagne

«Je voudrais promettre et jurer à tous mes électeurs et soutiens et à tous les Américains que j'accepterai totalement les résultats de cette grande et historique élection présidentielle si je gagne», a osé le candidat républicain lors d'un meeting à Delaware dans l'Ohio, jeudi. «J'accepterai un résultat clair de l'élection, mais je me réserve le droit de contester et de lancer une procédure de justice en cas de résultat douteux», a-t-il ajouté.

Ces propos interviennent alors que Donald Trump avait choqué l'opinion en déclarant lors du débat présidentiel mercredi qu'il ne savait pas s'il reconnaîtrait les résultats[6]. «Je verrai à ce moment-là. Je vous laisse dans le suspense», avait-il rétorqué. Une déclaration inédite dans la bouche d'un candidat à la Maison Blanche qu'Hillary Clinton avait aussitôt condamné : «C'est terrifiant. Il dénigre et rabaisse notre démocratie».

«Gagner, c'est mieux. Mais quand vous perdez, vous félicitez votre adversaire […]. C'est comme cela que la démocratie fonctionne», a quant à lui réagi Barack Obama lors d'un meeting de soutien à Hillary Clinton à Miami.

A (re)lire :

Est-il vraiment possible de truquer une élection présidentielle ?[7]

Le jour d'après

Hier débat, aujourd'hui dîner, demain Trump TV ?

Au lendemain du troisième et dernier débat opposant Hillary Clinton à Donald Trump, l'Amérique reste sonnée ce jeudi par les propos tenus la veille par le candidat républicain, qui a notamment refusé de dire qu'il reconnaîtra le résultat de l'élection, le 8 novembre[8] (et donc son éventuelle défaite). Pour l'ensemble des observateurs, ces propos ont définitivement coulé les chances de Trump[9] de devenir le nouveau locataire de la Maison Blanche, au point de se demander si le milliardaire new-yorkais cherchait réellement à inverser la tendance ou à… préparer l'avenir.

Ces derniers jours en effet, Trump n'en finit plus de critiquer une élection «truquée» et le parti-pris des médias, qui seraient à l'origine d'une vaste cabale pour empêcher sa victoire. L'hypothèse de la création d'une Trump TV, chaîne dont le futur-ex-candidat serait la star, a émergée depuis plusieurs jours et de fait, le milliardaire proposait mercredi soir de suivre sur sa page Facebook le débat au milieu de spots à sa seule gloire réunissant proches et anciens collaborateurs à la télé de Trump (notamment dans l'émission The Apprentice, qu'il a animée de 2004 à 2015). Pour certains éditorialistes, comme ceux du New York Times ou de Politico, c'est clair : ce débat n'était qu'une bande-annonce pour la futur Trump TV.
[10][11][12]

En attendant, Donald Trump et Hillary Clinton se retrouvent ce jeudi soir lors d'un dîner de charité organisé par le diocèse de New York dans le prestigieux hôtel Waldorf Astoria. Ce rendez-vous inévitable de toute campagne présidentielle américaine est normalement l'occasion, pour les candidats républicain et démocrate, d'une sorte de parenthèse cordiale où l'on rit ensemble : traditionnellement, seul l'archevêque de New York s'asseoit entre les deux candidats. Mais vu l'ambiance actuelle, la soirée de Timothy Dolan, coincé entre Trump et Clinton, s'annonce bien longue…

Les cinq moments clés du débat

Le dernier débat présidentiel opposant Donald Trump et Hillary Clinton a, comme les précédents, été d'une étonnante violence.

Lire le résumé de notre correspondant aux Etats-Unis: Face à Clinton, Trump rattrapé par son tempérament[13]

Trump s'essaie à l'espagnol

Alors que Donald Trump parlait immigration, le candidat républicain s'est brièvement essayé à l'espagnol en lâchant l'expression «bad hombres» (mauvais hommes). «Il y a de très mauvaises personnes dans ce pays qui doivent partir. Nous allons les faire partir. Nous allons sécuriser la frontière et une fois que la frontière est sécurisée nous prendrons une décision pour le reste. Mais nous avons des «bad hombres» ici et nous allons les faire sortir.» Outre que cela soit le seul terme que le candidat républicain connaisse en espagnol, les internautes se sont aussi moqués de la prononciation du milliardaire, qui faisait penser à «bad ombrés», du nom de cette coloration bicolore des cheveux, aussi connue sous le terme «tie and dye».

Hillary Clinton est «such a nasty woman»

Dans les dernières minutes du débat, Donald Trump a décrit son adversaire comme «such a nasty woman» (une femme tellement méchante), alors que celle-ci expliquait comment elle allait augmenter les impôts sur les plus riches pour développer les fonds de la sécurité sociale. L'attaque du milliardaire répond à une pique de la démocrate : «Les impôts sous mon administration seront plus élevés, à part si Donald réussit à les éviter.»

Qui est la marionnette de Vladimir Poutine ?

Quand Donald Trump affirme que «le président Poutine n'a aucun respect» pour Hillary Clinton, la réponse de la candidate est cinglante : «Parce qu'il préfère avoir une marionnette à la Maison Blanche.» Comme dans une dispute entre deux enfants, Trump lance, l'interrompant: «Pas de marionnette ! C'est vous la marionnette !» Habituée à ce type de répartie, Clinton continue en accusant son adversaire d'avoir soutenu l'espionnage russe de citoyens américains, en référence au piratage des emails du Comité démocrate[14] en juillet.

Comme l'élection, les Emmy Awards seraient truqués (d'après Trump)

Pour ce dernier débat, Donald Trump a de nouveau martelé que l'élection était «truquée». En réponse, sa rivale lui a fait remarquer qu'à chaque fois que le candidat républicain estime que les choses ne vont pas dans son sens, il prétend que tout est truqué contre lui. «Quand il n'a pas reçu d'Emmy trois années d'affilée pour son émission télévisée («The Apprentice» ndlr), il a tweeté que les Emmys étaient truqués», a-t-elle rappelé. Ce qui est effectivement le cas, comme le montre l'un de ses tweets datant de 2012 :

«Les Emmys ne sont que politique, c'est pourquoi, et malgré les nominations, "The Apprentice" n'a jamais gagné, même si l'émission aurait dû en remporter à plusieurs reprises.» — Donald J. Trump (@realDonaldTrump) 24 septembre 2012[15]

L'Académie a aussitôt réagi en publiant sur son compte Twitter un schéma détaillé du processus de sélection du vainqueur, avec le message «Soyez assurés que les Emmy ne sont pas truqués» :

Les mots crus de Donald Trump sur l'avortement

Hillary Clinton n'a pas hésité à critiquer Trump sur ses prises de position contre l'avortement : «Il a dit que les femmes qui avortent devraient être punies, d'une manière ou d'une autre.» Le candidat républicain a alors affirmé que Clinton est pour le fait d'«arracher le bébé de l'utérus le neuvième mois, quelques jours avant la naissance». La candidate démocrate soutient en effet la possibilité d'avorter en fin de grossesse, jusqu'à 32 semaines, c'est-à-dire jusqu'au septième mois. Trump a aussi déclaré vouloir revenir sur le droit à l'avortement[16] accordé par la décision de la Cour suprême «R oe vs. Wade» de 1973, même si ce n'est pas du ressort présidentiel.

A lire aussi Est-il vraiment possible de truquer l'élection présidentielle américaine ?[17]

Les soutiens

Eminem sort de son silence pour s'en prendre à Donald Trump

Le rappeur américain Eminem est sorti de son silence mercredi avec «Campaign Speech» (Discours de campagne), chanson de quasi 8 minutes où il s'en prend violemment à Donald Trump. Le chanteur de Detroit, qui est, à 44 ans, le rappeur ayant vendu le plus de disques de toute l'histoire, s'était fait discret ces dernières années mais a indiqué via Facebook[18] qu'il travaille sur un nouvel album.

Ressemblant davantage à un long monologue rythmé qu'à une chanson (cf les paroles sur le site Genius[19]), le morceau publié sur YouTube avance notamment que les Américains devraient avoir peur du magnat de l'immobilier, «candidat imprévisible» avec «le doigt sur le bouton» (nucléaire), «qui n'a réponse à rien». Artiste blanc le plus emblématique de la scène hip-hop, il évoque aussi les violents incidents qui ont causé des tensions raciales et galvanisé le mouvement Black Lives Matter. Le morceau évite pour autant d'être donneur de leçon, et s'achève par cette question : «Why am I such a dick ?» («pourquoi suis-je un tel connard ?»).

Slim Shady aurait-il retourné sa veste ? Le site Mother Jones[20], qui revient chaque jour sur une histoire «étrange mais vraie» du candidat républicain, a en effet rappelé dans un article publié au mois d'août que Donald Trump avait effectué une apparition surprise à New York, lors d'un événement de promotion du quatrième album d'Eminem Encore, où il avait encensé le chanteur.

Hillary Clinton en Vogue chez Anna Wintour

Pour la première fois en plus de cent ans d'existence, le magazine de mode américain prend publiquement position pour un candidat à la présidentielle et appelle à voter Hillary Clinton[21]. «Nous comprenons que Clinton n'a pas toujours été une candidate idéale, mais son intelligence féroce et son expérience considérable se reflètent dans ses politiques et ses prises de positions qui sont claires, sensées, et pleines d'espoir», appuie le magazine. Un choix qu'a certainement initié Anna Wintour, la très influente rédactrice en chef de Vogue, et déjà militante pour Barack Obama en 2008 et 2012.

L'avertissement

WikiLeaks : Marco Rubio appelle le G.O.P à ne pas trop taper sur Clinton

Le candidat déçu à la primaire républicaine Marco Rubio, sénateur de Floride, a un message pour son camp, qui serait tenté de tancer Hillary Clinton pour les révélations de WikiLeaks (qui a fait fuiter des tas d'emails de la candidate et de son entourage) : attention, les suivants, c'est nous. «Je ne discuterai pas de sujets qui sont devenus publics uniquement sur la base de WikiLeaks, a-t-il dit par voie de communiqué. Comme nos agences de renseignement l'ont dit, ces fuites sont un effort de la part de gouvernements étrangers d'interférer avec notre processus électoral et je ne cèderai pas à cela. De plus, je veux prévenir mes collègues républicains qui voudraient capitaliser politiquement sur ces fuites : aujourd'hui ce sont les démocrates. Demain cela po urrait être nous».[22]

Le symbole

Le cauchemar de la grenouille, trumpiste malgré elle

Le créateur de Pepe The Frog, sympathique grenouille de BD détournée par les trolls suprémacistes en symbole de l'«alt-right»[23], tente de sauver son personnage. Pepe est désormais qualifié par l'équipe d'Hillary Clinton et plusieurs associations antiracistes de «symbole de haine». Quand Matt Furie publie les premiers comics Boy's Club sur MySpace en 2005, Pepe n'est pourtant qu'un fumeur de joint lunaire qui amuse ses colocs en faisant pipi à l'air. Prisé puis récupéré par les membres du forum 4chan, Pepe devient, sous le crayon des trolls, de plus en plus bizarre : conspirationniste, raciste et finalement tru mpiste. Ces derniers mois, la grenouille s'est vu affublée d'une perruque blonde et de svastikas. On la retrouve sur une multitude de memes créés par la frange la plus dérangée et connectée de la meute trumpiste, visant notamment des journalistes juifs lors de harcèlements coordonnés, comme le rapporte le New York Times[24].

Vendredi, l'Anti-Defamation League, la plus importante association de lutte contre l'antisémitisme aux Etats-Unis, a lancé une campagne[25] avec Matt Furie pour réhabiliter Pepe sur les réseaux, avec le hashtag #SavePepe. Le dessinateur a quant lui posté mardi sur son site une planche éloquente retraçant l'évolution de son personnage[26], dont il espère qu'il finira bien par se réveiller de ce cauchemar…

L'échéance

Le troisième et dernier débat présidentiel, c'est ce soir

Il sera 21 heures ce soir à Las Vegas (soit 3 heures demain en France, mais si vous voulez le regarder en direct, The Daily Beast vous dit comment faire ici) lorsque les deux candidats à l'élection présidentielle entameront leur dernier débat, qui se déroulera à l'Université du Nevada (à Las Vegas). On connait déjà le programme, les thèmes de la campagne étant répartis sur les trois débats : le présentateur de Fow News Chris Wallace, qui en sera le modérateur, a annoncé qu'il interrogerait Hillary Clinton et Donald Trump sur la dette, l'immigration, l'économie, la Cour suprême ainsi que quelques questions sur la politique étrangère, rapporte Politico. [27][28]

En tout, le débat durera 90 minutes. Lesquelles pourraient bien constituer «le dernier stand up de Donald Trump» à en croire le journaliste Alex Altman de Time, selon qui le milliardaire[29], en mauvaise posture dans les sondages, n'a plus que deux options : «Trump fait face à une décision tactique importante, mercredi soir : utiliser son audience restante avant le 8 novembre pour amplifier [l'argument] d'une "élection truquée", ou saisir le moment pour sobrement montrer qu'il est prêt à être président. Il y a des signes [qui montrent que] Trump pourrait se préparer à changer de vitesse.», écrit-il. Quant à Ryan Cooper, de The Week[30], il n'a qu'une question : «Le débat de ce soir va-t-il être un nouvel embarras national ?» Réponse dans la nuit.

On notera tout de même que le candidat républicain aura un soutien un peu particulier dans la salle, puisque Malik Obama, le demi-frère de Barack Obama, a annoncé en juillet qu'il voterait pour le magnat de l'immobilier et qu'il sera présent ce soir. Une anecdote… anecdotique, mais que Donald Trump ne se lasse pas d'utiliser[31].

A lire aussi :

Quels sont les enjeux du dernier débat présidentiel ?[32]

 

 

 

Le soutien

L'épouse de Donald Trump sort de son silence

Melania Trump est venue au secours de son mari. Dans une interview diffusée lundi soir sur CNN[33], la mannequin est revenue sur la diffusion par le Washington Post d'une vidéo[34] datant de 2005, où Donald Trump se vante de pouvoir faire ce qu'il veut avec les femmes : «Je lui ai dit que son langage n'était pas a pproprié, que ce n'était pas acceptable de parler de la sorte […] mais ce n'étaient que des discussions de "mecs"», a-t-elle déclaré. «L'élection est truquée en faveur d'Hillary Clinton», estime également Melania Trump, qui accuse les médias d'être «partiaux». C'est la première fois, depuis la médiatisation des multiples allégations d'agressions sexuelles contre son mari, que Melania Trump s'exprime.

A noter que l'animateur du «Today show», Billy Bush, suspendu par NBC depuis la diffusion de la vidéo où on le voit souscrire aux propos sexistes de Trump, a quitté définitivement lundi la chaîne.

La playlist 

Des artistes se mobilisent contre Trump

Jusqu'au 8 novembre, le site «30 days, 30 songs[35]» (30 jours, 30 chansons) diffuse quotidiennement une musique originale composée par un groupe différent sur le candidat républicain. Loin d'être un éloge au magnat de l'immobilier, les artistes disent partager un même but : «dénoncer la campagne d'ignorance, de division et de haine de Donald Trump».

C'est le groupe Death Cab for Cutie qui a initié, lundi 10 octobre, cette playlist avec son titre «Million dollar loan[36]», en référence au «petit» prêt[37] que le candidat républicain avait reçu de son père pour se lancer dans les affaires. Les liens qui unissent Trump au président Vladimir Poutine ont inspiré l'artiste Bhi Bhiman, qui a co mposé la chanson «With love from Russia[38]». Franz Ferdinand a également participé au projet et signe un titre très explicite, «Demagogue». Les créateurs de la playlist n'en sont pas à leur coup d'essai. Ils étaient déjà derrière le site 90 Days, 90 Reasons[39] (90 jours, 90 raisons), qui encourageait les électeurs à donner un second mandat à Barack Obama. 

La prise de position

La comédienne Amy Schumer s'attaque à Trump lors de son show, des spectateurs quittent la salle

«Vous savez ce que j'aime chez un homme? Qu'il m'emmène acheter des meubles puis qu'il m'attrape par la chatte». Dimanche soir, la comédienne et humoriste Amy Schumer, qui se produisait sur scène à Tampa en Floride, s'est ouvertement attaquée à Donald Trump. «C'est un monstre orange qui vous agresse sexuellement et crée de fausses universités», a-t-elle continué, provoquant à la fois les huées d'une partie du public et des applaudissements. Selon The Tampa Bay Times[40], 200 personnes auraient quitté son spectacle. Il en faudra plus pour l'atteindre. «Je tiens à remercier les 8400 personn es qui sont restées. Nous avons passé un bon moment! Nous avons toujours compté sur des comédiens pour nous faire rire et dire la vérité. Je suis fière de poursuivre cette tradition», s'est félicitée celle qui ne cache pas son soutien pour Hillary Clinton, dans une interview à Vanity Fair[41].

La phrase 

Donald Trump se voit déjà au côté de Poutine

«Si je gagne le 8 novembre, je pourrais rencontrer Poutine et la Russie avant le début de mon administration. Je pense que ce serait merveilleux», a suggéré Donald Trump, lors d'une interview lundi avec l'animateur radio Michael Savage. Le candidat républicain a également accusé Barack Obama et Hillary Clinton d'être responsables de la dégradation des relations américano-russes. 

La blague 

Barack Obama se moque du physique de Donald Trump

Barack Obama était l'invité lundi soir du «Late Show», animé par Stephen Colbert. Ce dernier a demandé au président américain de choisir entre une barre énergétique «capable de vous faire voyager dans plus d'une centaine de pays», faisant référence à Hillary Clinton et une «orange ratatinée couverte de poils de golden retriever remplie de bile, que je ne laisserai pas seul avec la femme que j'aime», s'attaquant délibérément au physique de Donald Trump. Sans surprise, le président a opté très sérieusement pour la barre énergétique.

 

 

 

La contre-attaque

Trump se défend des accusations d'agressions sexuelles en affirmant que Bill Clinton était pire que lui

Le candidat républicain, et certains membres de son parti, ont adopté une stratégie audacieuse pour contrer les multiples accusations de harcèlement et d'agressions sexuelles dont Donald Trump fait l'objet depuis quinze jours: attaquer Bill Clinton, sur le mode «il est pire» que TrumpDes vieilles histoires datant des années 1990 ou même 1970, ont été ressorties des placards pour l'occasion. En première ligne: l'affaire Monica Lewinsky qui avait mis en lumière la relation extraconjugale entre le président en poste et une jeune stagiaire à la Maison blanche. Elle avait valu une tentative échouée d'impeachment contre Bill Clinton. Le «Monicagate» avait émergé lors d'une enquête dans laquelle une fonctionnaire de l'Arkansas, Paula Jones, attaquait le président pour harcèlement sexuel. D'autres accusations ont émergé depuis lors.

Lire aussi: La semaine où… l'élection américaine s'est enlisée dans les polémiques[42]

Donald Trump, pour mettre l'accent sur ces charges et faire oublier celles portées contre lui, a même organisé une conférence, en amont du deuxième débat présidentiel du 9 octobre, en présence de femmes accusant le mari d'Hillary Clinton de viol. Plusieurs de ces femmes étaient aussi présentes dans le public assistant au débat. Un animateur de radio d'extrême droite a aussi payé des auditeurs pour crier «Bill Clinton est un violeur» (voir plus bas).

Selon le Washington post[43], cette stratégie ne réussirait pas à Trump, au contraire. Selon un sondage mené par Washington post/ABC news[44] et publié le 16 octobre, 31% des électeurs estimeraient q ue le traitement des femmes par Bill Clinton est important dans la campagne, contre 55% pour le comportement de Donald Trump.

L'incident

Une permanence républicaine attaquée en Caroline du Nord

Dans la nuit de samedi à dimanche, un bureau du Parti républicain en Caroline du Nord a été incendié et vandalisé. L'inscription «Républicains nazis quittez la ville ou..» a été taguée sur un bâtiment à côté. Les autorités locales ont indiqué[45], dans un communiqué, qu'une bouteille remplie de liquide inflammable aurait été jetée par la fenêtre dans le quartier général républicain du comté d'Orange, l'un des principaux bastions démocrates de ce swing state. Il n'y a eu aucun blessé.

Donald Trump a réagi sur Twitter en dénonçant: «Les animaux représentant Hillary Clinton et les Démocrates en Caroline du Nord ont incendié à la bombe notre bureau dans le comté d'Orange parce que nous gagnons.»[46]

 Le coup bas

Au contraire de Trump, Mike Pence assure qu'il reconnaîtra le résultat de l'élection

Le colistier du candidat républicain s'est une nouvelle fois démarqué, en balayant d'un revers les accusations de fraude électorale de Donald Trump. «Nous accepterons le résultat de l'élection», a-t-il affirmé lors d'une interview sur NBC. Il a par ailleurs accusé les médias d'être biaisés en faveur d'Hillary Clinton. «C'est en ce sens que l'élection est truquée.»

Rudy Giuliani, ancien maire de New York et important soutien de Donald Trump, a, lui, soutenu que les Démocrates étaient des habitués des fraudes électorales. «Je ne connais que très peu de situations où les Républicains ont triché, a-t-il affirmé sur CNN. Ils ne contrôlent pas les centres-villes comme les Démocrates. Ces derniers laissent des personnes décédées inscrites dans les registres électoraux, puis ils payent des gens pour voter à la place de ces morts, 4, 5, 6, 7, 8 fois.»

Donald Trump a revendiqué à plusieurs reprises que l'élection du 8 novembre était truquée par avance.

La parodie

 Homer Simpson soutient Clinton

Alors que les Simpsons fêteront bientôt leur 600e épisode, la série a réalisé un court-métrage sur l'élection présidentielle du 8 novembre prochain. On y découvre, sans surprise, que le milliardaire et le propriétaire de la centrale nucléaire de Springfield, M. Burns, est un fervent partisan du candidat républicain. Son assistant, Smithers, l'appuie timidement en arborant un tee-shirt «Je suis avec lui», bien que le dos de son tee-shirt révèle rapidement qu'il soutient en réalité Clinton.

Homer se rend lui aussi au bureau de vote et bataille dans la file d'attente avec un supporter de Trump. Homer n'en démord pas, il votera pour Clinton, «celle qui a pardonné son mari, pas le type qui aime vraiment sa fille». Homer finit par démasquer qui se cache vraiment derrière ce fervent défenseur de Trump, qui n'est autre que Vladimir Poutine. Ce dernier est inscrit sur les listes, tandis qu'Homer se voit refoulé. L'épisode s'achève sur un Poutine, torse nu sur un cheval, clamant que Trump remportera les élections à «102%», «grâce à ses hackers russes»

En 2000, Marc Groening imaginait déjà que Trump serait un jour à la tête des Etats-Unis. L'épisode futuriste «Bart to the Future»[47], mettait en scène une Lisa, première femme présidente, qui succédait difficilement à Trump, ce dernier ayant ruiné le pays.

La trumperie du jour

Dans une surprenante attaque, Donald Trump a laissé entendre que sa rivale Hillary Clinton avait recours à des produits dopants, proposant des contrôles avant le prochain débat et accusant les «médias corrompus» de vouloir truquer le scrutin présidentiel américain.

A la traîne dans les sondages à l'approche de l'échéance du 8 novembre, le candidat républicain à la Maison Blanche met régulièrement en doute la validité du processus électoral en cours. Mais la diatribe prononcée samedi et les propos étranges sur l'attitude de sa rivale démocrate marquent une étape supplémentaire dans ce qui ressemble à une fuite en avant à l'issue incertaine.

«Nous sommes comme des athlètes […] Les athlètes doivent passer un contrôle antidopage, je pense que nous devrions faire de même avant le débat», a lancé l'homme d'affaires septuagénaire à Portsmouth, dans le New Hampshire.

A quatre jours du troisième et dernier débat présidentiel, le milliardaire a laissé entendre que l'ex-chef de la diplomatie américaine n'était pas dans son état normal lors de leur dernier face-à-face. «Je ne sais pas ce qui se passe avec elle: au début de son dernier débat, elle était gonflée à bloc. A la fin, elle pouvait à peine retourner à sa voiture», a ajouté le candidat républicain, qui s'est ouvertement interrogé à plusieurs reprises sur l'état de santé de sa rivale, son camp alimentant les rumeurs les plus folles.

Un spot de campagne validé par Trump et publié en début de semaine pointait déjà, par le biais du montage, les occasionnels problèmes de santé de la candidate démocrate. Baptisée «Dangerous», la vidéo cumule plus de 1,3 millions de vues sur YouTube :

«L'élection est truquée par des médias corrompus qui mettent en avant des allégations complètement fausses et des mensonges éhontés afin de la faire élire», a-t-il encore lancé. En difficulté dans son parti après ses propos vulgaires sur les femmes, Donald Trump est aussi visé par un déluge d'accusations de harcèlement et d'agressions sexuelles qu'il a rejetées avec force.

La polémique semble cependant avoir peu d'effet sur les intentions de vote. Selon un sondage publié dimanche[48] et réalisé pour la chaîne de télévision ABC News et le quotidien Washington Post, Mme Clinton l'emporterait devant Trump par 47% contre 43%. Avant le premier débat, le résultat était de 46% contre 44%.

Selon le nouveau sondage, l'enthousiasme des partisans de Donald Trump s'est toutefois affaibli et le pourcentage des personnes favorables Mme Clinton et disant pouvoir changer de position est désormais moindre.

Dix femmes se sont déclarées victimes d'avances sexuelles appuyées et non consenties. Donald Trump a démenti ces accusations dans un tweet: «Rien ne s'est jamais passé avec ces femmes. Des absurdités complètement inventées pour voler l'élection. Personne n'a plus de respect que moi envers les femmes!»

Réagissant aux déclarations sur le scrutin à venir, l'équipe Clinton a dénoncé «des tentatives honteuses visant à discréditer une élection quelques semaines avant qu'elle n'ait lieu». «La participation à la vie démocratique et en particulier aux élections devrait être encouragée au lieu d'être affaiblie ou discréditée parce qu'un candidat a peur de perdre», a réagi Robby Mook, directeur de campagne de la candidate démocrate.

Le président républicain de la Chambre des représentants, Paul Ryan, qui avait indiqué la semaine dernière qu'il ne pouvait plus «défendre» le candidat de son parti, a également réprimandé Trump sur ses commentaires mettant en doute la validité du processus d'élection. «Notre démocratie est basée sur la confiance dans les résultats des élections et (Paul Ryan) est confiant sur le fait que les Etats mèneront cette élection avec intégrité», a indiqué la porte-parole du parlementaire, AshLee Strong.

À lire aussi :Déchiré sur Trump, le Parti républicain s'enfonce dans la crise[49]

Alors que Donald Trump est entraîné dans un cycle de polémiques qu'il contribue à alimenter par ses propos incendiaires, Hillary Clinton se fait à l'inverse volontairement discrète. Le président Barack Obama est monté au créneau sur la question de la validité du processus électoral. Vendredi dans l'Ohio, il a estimé que c'est la démocratie même qui était en jeu lors de l'élection à venir.

Il a vivement dénoncé l'attitude du candidat républicain. «Le savoir-vivre est en jeu dans cette élection. La tolérance est en jeu. La courtoisie est en jeu. L'honnêteté est en jeu. L'égalité est en jeu. La bienveillance est en jeu», a énuméré le président qui quittera le pouvoir le 20 janvier.

Samedi soir, l'émission phare de la chaîne NBC, Saturday Night Live, a moqué l'attitude étrange du milliardaire durant le dernier débat, lors duquel on le voyait rôder derrière son adversaire. Incarné par Alec Baldwin, ce Trump-là, bien qu'inquiétant, est loin d'être aussi effrayant que l'original :


Le billet d'Amérique

Trump, une menace pour la presse

Accusé d'agressions sexuelles à répétition[50], lâché par une partie de son camp

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