Rabu, 19 Oktober 2016

Emotion après des violences contre des personnels de l'éducation - Le Monde

Ces derniers jours, plusieurs enseignants et proviseurs ont été agressés par des jeunes, élèves ou non.

Une série d'incidents violents survenus aux abords d'établissements scolaires a amené le gouvernement à réagir[1], mardi 18 octobre. « Seine-Saint-Denis[ 2] et Val-d'Oise : l'Etat poursuivra sans relâche ceux qui s'en prennent à nos professeurs, nos écoles, nos forces de l'ordre », a tweeté le premier ministre, Manuel Valls[3], après les agressions commises ces derniers jours dans ces départements.

Lire aussi :   A Saint-Denis, le lycée Suger en grève pour protester contre les violences [4]

La ministre de l'éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, a pour sa part condamné une « montée des violences à l'égard des fonctionnaires » dans ces territoires, visant « aussi bien les policiers que les enseignants et les proviseurs ». Elle a encouragé les personnels à porter plainte systématiquement. La ministre a aussi reconnu, lors d'une conférence de presse, que se pose « une question de sécurisation des abords des établissements ».[5]

Des cocktails Molotov ont été lancés lundi, sur un lycée de Seine-Saint-Denis, tandis que des responsables d'établissement et des enseignants ont été violemment agressés pour avoir[6] sermonné un élève ou tenté de ramener[7] le calme. Le proviseur d'un lycée professionnel du département s'est ainsi fait casser[8] le bras, jeudi, par un élève qui n'avait pas supporté une remontrance sur son retard. Son adjointe a été blessée au visage.

Enseignant passé à tabac

Les violences impliquant 80 jeunes, lundi, devant un lycée de Tremblay-en-France[9] (Seine-Saint-Denis) ont particulièrement choqué. Des témoins ont décrit des scènes[10] d'émeute urbaine avec des jeunes encagoulés harcelant les forces de l'ordre, qui ont également essuyé des tirs de mortier d'artifice.

La proviseure, qui se tenait à la grille comme chaque matin, a été molestée pour avoir tenté de raisonner[11] les émeutiers. Elle a été transport[12]ée à l'hôpital en même temps que la gardienne du lycée, qui a fait un malaise. L'établissement est fermé jusqu'à no uvel ordre.

Par ailleurs, dans le Val-d'Oise, un enseignant a été passé à tabac[13] en pleine rue par deux jeunes hommes à Argenteuil[14], alors qu'il réprimandait une élève en ramenant sa classe de CE2 d'un cours de sport[15].

Et les violences ne se limitent pas à la région parisienne. Un élève de terminale d'un lycée professionnel de Calais (Pas-de-Calais[16]) a cassé la mâchoire et plusieurs dents de son professeur, vendredi, en plein cours. A Colomiers (Haute-Garonne), près de Toulouse[17], une professeure de sport[18] a été frappée au visage, lundi, par un lycéen.

Réponse « dramatiquement faible »

Le Syndicat national des personnels de direction de l'éducation nationale (SNPDEN) a « condamné avec la plus grande fermeté » les récentes agressions. « Les établissements les plus expos[19]és dans les zones les plus sensibles ne disposent d'aucun personnel de sécurité », a souligné Philippe Tournier, secrétaire général du premier syndicat des chefs d'établissement, interrogé par l'AFP.

Des responsables politiques de droite ont aussi réagi. « De qui se moque-t-on ? », a affirmé la porte-parole du parti Les Républicains[20] (LR) et députée du Doubs, Annie Genevard. La réponse du gouvernement est « dramatiquement faible », a-t-elle accusé, estimant qu'il « s'est égaré dans des réformes absurdes ou inutiles au lieu de se concentrer[21] sur les priorités ».

De son côté, la présidente (LR) de la région Ile-de-France[22], Valérie Pécresse, s'est dit « prête à faire davantage face aux violences », soulignant que la région avait « financé 170 actions de sécurisation de lycées depuis un an ». Le syndicat lycéen FIDL a, lui, réclamé « des états généraux de la lutte contre la violence à l'école, organisés par les lycéens qui sont les principaux concernés ».

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