Kamis, 13 Oktober 2016

J-26 : Donald Trump accusé d'agression sexuelle - Libération

La polémique

Trump dément les accusations d'attouchements sexuels de plusieurs femmes

La publication, vendredi dernier, par le Washington Post (voir plus bas), d'une vidéo datant de 2005, où Donald Trump tient des propos ouvertement sexistes et se vante d'agresser sexuellement des femmes, a ouvert la boîte de Pandore pour celles qui estiment avoir été victimes du milliardaire. Mercredi, deux femmes ont accusé Donald Trump d'attouchements sexuels il y a plusieurs années dans des témoignages publiés par le New York Times[1] et qui ont été immédiatement réfutés par les représentants de la campagne du candidat républicain, ceux-ci dénonçant de la pure diffamation.

Le même jour, plusieurs participantes au concours de beauté Miss USA, dont Trump a été le propriétaire de 1995 à 2016, ont déclaré à BuzzfeedNews[2] et NBC[3] avoir été sujettes à des comportements inappropriés du candidat républicain. Trump se serait rendu à plusieurs reprises dans les co ulisses de la compétition alors que les jeunes filles étaient en train de se changer. A NBC, Temple Taggart McDowell, une ancienne miss Utah a aussi affirmé avoir été embrassé à deux reprises sur la bouche par l'homme d'affaires.

 A lire aussi: #NotOkay, #PussyGrabsBack : Trump en très mauvaise posture auprès des femmes[4]

L'insulte

Trump, une «révoltante limace» selon les députés d'un Etat australien

Donald Trump est une «révoltante limace inapte au mandat public», selon une motion approuvée jeudi par la chambre basse de l'Etat australien de Nouvelles-Galles du Sud, le plus peuplé d'Australie. Cet texte à l'initiative du député Vert Jeremy Buckingham condamne les propos «misogynes, haineux» du candidat à l'élection présidentielle américaine, en référence à la vidéo de 2005 de Donald Trump.

«Cette chambre (...) est d'accord avec ceux qui ont décrit M. Trump comme une "révoltante limace" inapte au mandat public», indique ce texte lu dans l'enceinte du Parlement de Nouvelle-Galles du Sud, à Sydney, par Jeremy Buckingham. Aucun élu ne s'étant opposé au texte, les services du Parlement l'ont enregistré comme étant approuvé à l'unanimité. La motion demande à la chambre haute de cet Etat de condamner également «l'impact destructeur que les discours de haine des candidats et élus peuvent avoir sur nos communautés».

La parodie

«Winter is trumping»

Initialement diffusé en février sur la chaîne australienne ABC, un clip parodique mettant en scène Donald Trump en personnage de la série Games of Thrones, refait surface sur les réseaux sociaux. Le réalisateur Huw Parkinson insère de réelles déclarations du candidat républicain à des scènes cultes de la série, à l'instar de son altercation avec le pape[5] - qui avait suggéré que Trump n'était pas chrétien - et de sa volonté de construire un mur avec le Mexique.

L'erreur 

L'ex-maire de New York accuse Clinton d'avoir menti sur sa présence au Ground Zero après le 11/09, puis s'excuse

Dans son discours au meeting de Donald Trump mercredi 12 octobre, à Ocala, en Floride, Rudy Giuliani, maire républicain de New York de 1994 à 2001, a accusé Hillary Clinton d'avoir menti quand elle déclarait s'être rendue sur le site du Ground Zero, à la suite de l'attentat du 11 septembre 2001. «Je l'ai entendu dire qu'elle était là ce jour-là. J'étais là ce jour-là, je ne me souviens pas avoir vu Hillary Clinton», a-t-il déclaré devant la foule. Si Giulani a la mémoire courte, Internet, lui, se souvient. Une photo a rapidement refait surface sur la Toile, où on y voit la candidate démocrate, à l'époque sénatrice de l'Etat de New York, au Ground Zero le lendemain de l'attaque, aux côtés de... Rudy Giulani lui-même. L'image est devenue virale, obligeant l'ex-maire à faire marche arrière : «J'ai fait une erreur. J'avais tort et je m'en excuse», a-t-il admis. 

La gaffe

Donald Trump se trompe sur le jour de l'élection présidentielle

 

Le candidat républicain ne semble pas vouloir arrêter sa descente dans les sondages. Lors d'un rassemblement à Panama city, en Floride, mardi soir, Trump a appelé ses sympathisants à «s'inscrire pour aller voter le 28 novembre», soit vingt jours après la date réelle de l'élection, le 8 novembre.

L'accusation

Le directeur de campagne d'Hillary Clinton impute à la Russie le hacking de ses emails

John Podesta, le directeur de campagne d'Hillary Clinton, s'est exprimé[6] pour la première fois depuis la publication de plusieurs milliers de ses emails vendredi dernier[7] par Wikileaks, dans le premier vol et de leurs révélations promises avant l'élection présidentielle. Il a désigné directement la Russie comme auteur de ces fuites : «Je suis engagé en politique depuis presque cinquante ans [Podesta a été chef de cabinet de la Maison blanche sous Bill Clinton et est un ancien conseiller d'Obama, ndlr]. C'est la première campagne dans laquelle je suis impliqué où je dois faire face à des agences de renseignement russes qui semblent faire tout ce qu'elles peuvent pour aider notre adversaire.» Le conseiller d'Hillary reprend l'argumentation du président Obama qui avait déjà évoqué la volonté des autorités russes de faire basculer l'élection présidentielle en faveur du candidat républicain, après les fuites, via Wikileaks aussi, des emails du Comité démocrate (DNC) fin juillet.

Mercredi, lors d'un forum d'entreprises à Moscou, Vladimir Poutine a affirmé que le hacking des emails du DNC «n'avait rien à voir avec les intérêts russes», selon Reuters[8].

Le tacle

Obama enfonce un peu plus Trump sur sa vidéo sexiste

Alors que le parti républicain semble menacé d'implosion sous les coups répétés de Donald Trump, et les prises de distances des caciques du parti, le président des Etats-Unis continue à faire campagne pour Hillary Clinton. Lors d'un meeting mardi soir à Greensboro, en Caroline du Nord, Barack Obama est revenu sur la vidéo sexiste de Donald Trump, lançant une pique en passant au colistier de ce dernier Mike Pence. «Nul besoin d'être un mari ou un père[10] pour dire que ce n'est pas bien. Il suffit d'être un être humain décent pour le savoir», a-t-il fustigé, appelant les citoyens américains à s'inscrire sur les listes électorales. Mike Pence a réagi à la publication de la vidéo de Donald Trump en publiant, samedi, un communiqué disant : «En tant que père et mari, j'ai été offensé par les mots et actions décrites par Donald Trump.»[9][11]


Obama réagit à la vidéo sexiste de Trump[12] par libezap[13] 

Le soutien

Al Gore au côté de Clinton

Al Gore, candidat malheureux à la présidentielle de 2000, s'est rendu en Floride[14], ce mardi, pour soutenir Hillary Clinton. Sa présence dans cet Etat est évidemment symbolique. C'est ici qu'il y a seize ans, la course à la Maison Blanche avait basculé en défaveur du candidat démocrate. Seulement 537 voix l'avaient séparé de son rival, George W. Bush. Beaucoup de voix s'étaient, en effet, reportées sur le candidat écologiste, Ralph Nader, toujours accusé aujourd'hui d'être responsable de la défaite d'Al Gore. «Votre vote compte vraiment», a-t-il martelé au public, massé dans le campus du Miami Dade College.

Prix Nobel de la paix en 2007 (partagé avec le GIEC) et connu pour son documentaire Une vérité qui dérange sur le changement climatique, Al Gore a, par sa présence, fourni l'occasion pour Hillary Clinton de présenter plus longuement un autre sujet qui lui tient à coeur : l'environnement. Elle a abordé les thèmes de l'énergie propre, de l'accord sur le climat de Paris, sans oublier au passage de tacler Trump, qui pense que le changement climatique est une escroquerie. Les dégâts causés par l'ouragan Matthew en Haïti et en Floride sont, pour elle, une preuve supplémentaire du changement climatique : «Pour vous en convaincre, rappelez-vous ce qui est arrivé cette semaine», a-t-elle averti.

Le désaveu

Paul Ryan lâche Trump en pleine course

Le Parti républicain continue de se déchirer au sujet de son candidat Donald Trump. Lundi, c'était au tour du président républicain de la chambre des représentants[15], Paul Ryan, d'affirmer à des élus qu'il ne «défendrait pas ou ne ferait pas campagne» pour Donald Trump. Un désaveu que n'a pas digéré Donald Trump qui s'est fendu d'un tweet un poil caliméro :

«Même si j'ai gagné le second débat haut la main (selon tous les sondages), il est difficile de bien faire quand Paul Ryan et les autres vous apportent zéro soutien !»

A lire aussi:Déchiré sur Trump, le parti républicain s'enfonce dans la crise[16] 

La vidéo

L'imitateur de Trump surfe sur les déboires du candidat

L'AFP est revenu dans une courte vidéo sur l'histoire de John Di Domenico, le sosie et imitateur de Donald Trump depuis plus de dix ans. Avec sa perruque blonde oxydée, son maquillage et ses costumes hors de prix, la ressemblance est frappante. «Il est très difficile à imiter, admet néanmoins l'acteur. Sa voix est très difficile à faire et sa façon d'utiliser ses cordes vocales est inhabituelle. Il a une façon de parler très nasale.» Celui qui enchaîne depuis un an les spectacles et apparitions dans diverses publicités veut croire en la victoire du candidat républicain. «S'il gagne, j'aurai du travail tout le temps», rêve l'imitateur.

Le Washington Post a diffusé, vendredi 8 octobre, une vidéo datant de 2005, où l'on entend le candidat républicain dire pouvoir faire «ce qu'il veut» avec les femmes, comme «les attraper par la chatte». Des propos qui ont suscité l'indignation générale, y compris parmi les ténors du camp républicain.

Lire aussi Rattrapé par des propos obscènes envers les femmes, Trump dans la tourmente[17]

La polémique

Bientôt la rupture entre Trump et son colistier Mike Pence ?

Le gouverneur de l'Indiana, Mike Pence, serait proche d'abandonner son partenaire de campagne électorale, Donald Trump, après ses derniers déboires politiques. Samedi, le colistier républicain a condamné les propos sexistes tenus par Trump en 2005. «En tant que mari et père, je suis offensé par les mots et les actions décrites par Donald Trump dans cette vidéo.» Dans le deuxième débat présidentiel entre les deux candidats, dimanche, les désaccords entre Pence et Trump sont apparus aux yeux de tous quand le milliardaire, interrogé sur la position de son colistier face à l'intervention russe en Syrie, a répondu «Nous n'en avons pas parlé. Je ne suis pas d'accord.» Sur l'immigration, le libre-échange, l'Obamacare, l'interdiction d'entrée sur le territoire des musulmans, et bien d'autres, les désaccords entre les deux hommes sont nombreux. Le Washington Post les a listés dans un (long) article[18].

Le hashtag

Sur Twitter, avec #NotOkay, des milliers de femmes s'insurgent contre les propos sexistes de Trump

«L'entraîneur de football m'a peloté les seins pendant le cours de sport alors qu'il montrait au reste de la classe comment bloquer quelqu'un. J'avais 13 ans»; «Un vieil homme dans le bus a attrapé ma chatte. J'avais 8 ans et mes parents étaient assis deux rangées derrière moi»; «Un coiffeur de 35 ans qui me coupe les cheveux depuis mes 9 ans propose de me raccompagner chez moi en voiture. Il enfonce sa langue dans ma gorge. J'ai 15 ans.»

Ce weekend, des milliers de témoignages de femmes racontant leur première agression sexuelle ont émergé sur Twitter, en réponse à la vidéo de Donald Trump dans laquelle il se vantait qu'être une star lui permet «d'attraper des chattes». A l'origine de l'initiative, Kelly Oxford, une écrivaine canadienne, qui a voulu prouver que «les agressions sexuelles n'étaient pas que des statistiques», en racontant sa première agression : «Un vieil homme dans un bus m'a attrapé "la chatte" et m'a sourit. J'avais 12 ans». Le hashtag «Notokay» est rapidement devenu l'un des plus partagés sur le réseau social.

La victime collatérale

L'animateur Billy Bush suspendu de la chaîne NBC

Alors qu'il avait rejoint l'équipe de l'émission «Today» il y a seulement deux mois, l'animateur Billy Bush a été suspendu par la chaîne NBC à la suite de la diffusion de la vidéo, où on le voit tenir des propos sexistes avec Trump dans les coulisses de l'émission «Access Hollywood». «Je suis évidemment embarrassé et honteux. Ce n'est pas une excuse mais cela s'est passé il y a onze ans. J'étais jeune, moins mature, et j'ai agi bêtement en jouant le jeu. Je suis vraiment désolé», a déclaré le cousin de George W. Bush dans un communiqué.

Baptiste Bouthier [19] , Kim Hullot-Guiot [20] , Aude Massiot [21] , Estelle Pattée [22]

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