Senin, 03 Oktober 2016

Calais : la mairie interdit les travaux du mur antimigrants, mais l'Etat passe outre - Le Monde

Natacha Bouchart, maire de Calais.

Bras de fer entre arrêté municipal et arrêté préfectoral autour du mur antimigrants à Calais[1]. La maire de la ville, Natacha Bouchart (LR), a annoncé lundi 3 octobre avoir[2] pris un « arrêté interruptif » des travaux du mur « anti-intrusions » de migrants sur la rocade portuaire de sa ville, dont la construction a démarré le 20 septembre. Mais l'Etat a aussitôt réaffirmé qu'il passerait outre.

L'arrêté municipal, qui met en demeure la société en charge des travaux de les « interrompre », n'est pas suspensif, mais Mme Bouchart avait dit le 23 septembre vouloir[3] se battre[4] « avec les armes juridiques en [sa] possession ».

« Dès ce soir, la préfecture du Pas-de-Calais prendra un arrêté suspendant l'arrêté municipal interruptif de travaux afin de permettre[5] la poursuite des travaux du mur végétalisé », a d'ailleurs immédiatement répliqué la préfecture, qui défend l'efficacité de ce dispositif.

Lire aussi :   Calais : la maire menace de prendre un arrêté contre la construction du mur antimigrants [6]

Un mur qui n'a « plus lieu d'être »

Mme Bouchart estime que l'édification de ce mur végétalisé de 4 mètres de hauteur et 1 km de long, prolongeant les grillages déjà installés sur la rocade près du port, n'a « plus lieu d'être » depuis l'annonce le 2 septembre par le ministre de l'intérieur, Bernard Cazeneuve, du prochain démantèlement de la « jungle ».

Cette opération d'envergure – entre 7 000 et 10 000 migrants y vivent selon les comptages – doit intervenir[7] avant le début de l'hiver. Financé par la Grande-Bretagne[8] (2,7 millions d'euros), ce mur vise à protéger[9] la rocade des assauts répétés de migrants, qui tentent de monter[10] à bord des camions en partance pour l'Angleterre.

Lire aussi :   A Calais, la France, à son tour, construit un mur anti-migrants [11]

« Entraves au code d'urbanisme »

Dans son communiqué, la maire de Calais dit avoir pris cet arrêté « en l'absence de réponse satisfaisante de la part de l'Etat » et de la société chargée de la construction. L'arrêté « est en cours d'affichage sur le site concerné », précise-t-elle.

Mme Bouchart, soutien de Nicolas Sarkozy[12] dans la primaire de la droite, avait écrit à François Hollande[13], à la suite de sa visite à Calais le 26 septembre, pour lui réclamer[14] de nouveau l'interruption des travaux, trois jours après avoir menacé de prendre[15] un tel arrêté.

Elle fonde sa demande sur des « entraves au code d'urbanisme et de l'environnement[16] », évoquant notamment le fait que le secteur concerné est « classé en zone de protection du patrimoine architectural urbain et paysager, devenu site classé remarquable ».

« Les Calaisiens en ont ras le bol de voir[17] des barrières et des barbelés partout, on se sent complètement enfermés », avait également déclaré Mme Bouchart, qui était à l'origine favorable à la construction de ce mur.

Lire aussi :   Qui est Natacha Bouchart, la maire de Calais ? [18]

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