Senin, 03 Oktober 2016

Colombie : victoire du non à l'accord de paix avec les FARC - Le Monde

Le président Santos a assuré que le cessez-le-feu serait maintenu. Le chef des rebelles a annoncé qu'il reste en faveur de la paix.

Les partisans du « non » au référendum ont célébré les résultats à Bogota, le 2 octobre.

Les Colombiens ont rejeté, dimanche 2 octobre, l'accord de paix avec les Forces arm[1]ées révolutionnaires de Colombie[2] (FARC). Il s'agit d'une défaite majeure pour le président Juan Manuel Santos, qui avait fait du processus son objectif principal, après un demi-siècle de conflit armé.

M. Santos a reconnu, lors d'une allocution télévisée, la victoire du non et assuré que le cessez-le-feu resterait en vigueur : « Je ne me rendrai pas et continuerai à rechercher[3] la paix. » « Lundi, je convoquerai toutes les forces politiques – et en particulier celles qui se sont manifestées aujourd'hui pour le non – afin de les écouter[4], d'ouvrir des espaces de dialogue et de décider[5] du chemin à suivre », a-t-il annoncé.

Le chef des FARC, Rodrigo Londono, dit Timochenko, a annoncé qu'il reste en faveur de la paix. « Les FARC déplorent profondément que le pouvoir[6] destructif de ceux qui sèment la haine et la rancœur ait influé sur l'opinion de la population[7] colombienne », a-t-il d� �claré, dans une déclaration à la presse, à La Havane.

« Nous voulons contribuer[8] à un grand pacte national. Il nous semble fondamental qu'au nom de la paix, ne soient pas mises en danger les valeurs qui la rendent possible », a affirmé de son côté l'ex-président Alvaro Uribe, l'un des leaders du « non ».

Lire aussi :   Pédagogie, mobilisation et repentance... le référendum sur la paix en Colombie vu du Web [9]

Moins de 60 000 voix d'écart

Sur la base des résultats de 99,79 % des bureaux de vote, le non l'emporte avec 50,23 % des voix, contre 49,76 % au oui, selon l'autorité électorale colombienne. L'écart représente moins de 60 000 voix sur 13 millions de bulletins. Le taux de participation s'est élevé à 37,28 %.

Les électeurs devaient simplement répondre[10] à la question de savoir[11] si le texte signé lundi 26 septembre à Carthagène par le président et le chef des FARC devait être[12] avalisé.

Le oui a recueilli 6,3 millions de voix, soit bien au-delà du minimum de 4,4 millions de voix requis (13 % de l'électorat). Mais pour l'emporter, il devait dépasser[13] le « non ».

Lire aussi :   Référendum en Colombie : « Je n'aurais jamais cru voir un jour les FARC déposer les armes » [14]

Référendum non obligatoire

Le référendum, non obligatoire, avait été voulu par M. Santos afin de donner[15] la « plus large légitimité » possible à l'accord. Les derniers sondages, publiés une semaine avant le scrutin, donnaient le oui gagnant, dans une fourchette allant de 55 % à 66 %.

En cas de victoire du non, l'opposition, qui juge l'accord trop favorable aux rebelles, réclamait un retour à la table des négociations, une option rejetée par le président.

Au total, 240 000 policiers et militaires avaient été déployés pour assurer[16] la sécurité du scrutin, dans près de 82 000 bureaux de vote ouverts de 8 heures à 16 heures.

Lire aussi :   « En Colombie, le danger va être la tentation des conservateurs de bloquer les changements » [17]

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